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“Maquisardes”, c’est tout d’abord une belle chanson de Patrice Bernardini (musique) et Magà Ettori (paroles) en hommage à Danielle Casanova, devenue par son courage l’icône de la résistance des femmes corses durant la seconde guerre mondiale. C’est aussi la Bande Originale d’un court métrage présenté à Cannes au Festival 2011, dans le cadre du Short Film Corner, hors compétition, “La Marche de l’Enfant Roi”, qui raconte l’histoire de deux maquisardes des temps modernes qui participent à des manifestations pour empêcher l’installation d’un laboratoire de biotechnologie en Corse. Robin Renucci, Roland Magdane, Patrick Chesnais, Francis Lalanne et Evelyne Adam et bien d’autres artistes ont prêté leur concours au tournage. Dans “Maquisardes”, le clip musical tiré du film, Magà Ettori, le réalisateur, doit raconter la même histoire mais en moins de 4 minutes. Il a donc choisi d’isoler un passage de la version ” long métrage”, l’accident de Maria Paoli. où l’adolescente sombre dans le coma et voyage, en rêve, entre sa propre vie et l’histoire des maquisardes pendant la seconde guerre mondiale. Ce film est le fruit de la passion d’un groupe de “fous de cinéma”, animé par Sylvain Ettori. C’est lui qui m’a invité à être l’interprète de”Maquisardes”…  Voici le lien pour visionner le clip :

http://www.dailymotion.com/video/xiglnm_yves-duteil-maquisardes-un-film-de-maga-ettori_music

Le film musical ”Maquisardes” écrit et réalisé par Magà Ettori et interprété par Yves Duteil. Bande Originale : LA MARCHE DE L’ENFANT ROI (Worldino Productions – IRCA)

Intimes convictions…

6484272_Booklet_BookletC’est un panoramique de chansons, un triple album issu de nos retrouvailles avec EMI qui fut pendant vingt ans ma maison de disques (1972 à 1992). Les quatre premiers albums de ma carrière figuraient toujours au répertoire de la maison, mais sans projecteurs ni véritable présence dans les bacs. Une jeune équipe d’EMI décide de remettre ces chansons dans la lumière, en une série de 3CD à l’esthétique et au contenu particulièrement soignés. Heureux de cet élan nous avons collaboré à la réalisation de ce coffret, et choisi ensemble les morceaux, les illustrations, accompagné le projet. Parmi ces enregistrements, certains ne sont pas à proprement parler des inédits , mais sont restés si loin du public à l’époque de leur parution qu’on peut les voir comme tels: duos passés inaperçus, qui comptent beaucoup pour moi, comme “L’Adolescente” enregistré avec Jeanne Moreau, “Mélancolie”  avec Véronique Sanson,  “Au parc Monceau” avec Enzo Enzo”, et qui se mêlent aux versions originales des titres les plus connus qui jalonnent ce parcours jusqu’à aujourd’hui.

Après presque quarante ans de chansons, le moment est sans doute venu de poser un nouveau regard sur ce qui pouvait apparaître, par la douceur de la voix, le calme de la musique, comme une vision tronquée ou idéaliste de la réalité qui nous entoure. Souvent les textes viennent en contrepoint de cette douceur militante pour être l’expression d’un refus (duo avec Lisa “Moi je refuse”), d’une révolte ( “Pour les enfants du monde entier”, “Dreyfus”), ou un souffle précurseur ( “La langue de chez nous”). Peu à peu une mosaïque apparaît de l’assemblage des sentiments et des émotions qui font la Une de notre journal personnel, de nos engagements, de nos aspirations. Ces chansons témoignent des moments-clé qui jalonnent notre voyage, de ces instants de vérité qui construisent notre regard comme autant de repères, d’intimes convictions..

INTIMES CONVICTIONS, coffret 3 CD, sortie le 4 avril 2011

MOI JE REFUSE

(en duo avec Lisa)

Parce que ma vie commence à peine et que j’espère

Pouvoir grandir dans l’espérance et la lumière

Parce que j’ai vu dans vos regards

Trop de détresse et trop d’espoirs

Et que je porte aussi la peur dans mon histoire


Je veux qu’on parle avec des mots que je comprenne

J’voudrais qu’on m’aime et qu’on m’écoute et qu’on m’apprenne

Je veux du vrai je veux du tendre

Si l’on prétend qu’il faut attendre

Je suis confuse

Mais si c’est ça

Moi je refuse


Au nom du même sang qui coule dans nos veines

Je veux partager ta confiance et non ta haine

Née algérienne amérindienne

Bosniaque afghane ou tibétaine

Je suis la soeur de ceux qu’on frappe ou qu’on enchaîne


Devant ces guerres qui se répètent à l’infini

Parfois j’ai honte pour mes frères et je me dis

Que s’il faut fuir sa propre terre

Et vivre ailleurs en étrangère

Comme une intruse

Alors c’est clair

Moi je refuse


Je n’ai pas peur de l’avenir et je suis prête

À affronter tous les démons de la planète

De toute la force de mon âge

Avec mon coeur et mon langage

Pourvu qu’on m’aime

Alors j’avance et je m’engage


S’il suffisait d’avoir ma rage pour vous convaincre

Et de me battre pour savoir que l’on peut vaincre

Je pourrais même imaginer

Avec des mots à inventer

Rendre l’espoir au coeur des plus désespérés


Car si ta vie commence à peine et si tu rêves

De rebâtir ce monde avant qu’il ne s’achève

Si j’ai puisé dans ton regard

Tant de bonheur et tant d’espoir

C’est pour abattre tous ces murs qui nous séparent


C’est pour qu’on parle avec des mots que tu comprennes

Pour être sûrs que l’on t’écoute et qu’on t’apprenne

Mais pour de vrai, mais pour de tendre

Et si c’est trop dur à entendre

Alors tant pis

Je suis confuse

Mais je refuse


Et si devant l’adversité

Pareille à l’eau dans les écluses

La chanson des âmes recluses

Monte aussi vers la liberté

Que l’on m’excuse

Mais je refuse

D’abandonner,


Que l’on m’excuse

Moi, je refuse

D’abandonner.


“Moi je refuse” paroles et musique Yves Duteil

Patrick Pagès, notre ami cévenol, s’est éteint ce soir à 21 heures. Il laisse en nous un tel sillage de lumière, qu’il m’est impossible de ne pas le partager avec vous. C’était un artiste de la cuisine, haut en couleurs et en saveurs. un poète.  Peintre foisonnant d’émotions, photographe débordant d’images, il a parsemé notre amitié de ce sourire qui nous revient aujourd’hui comme une source inépuisable de souvenirs, de complicités. Sa devise “Car rien sans amour”, a fait de son chemin un  partage de passion, tant par la qualité de ses mets et sa connaissance des vins (meilleur Patrick PAGESsommelier de France) que par la bienveillance de son regard et son attention aux autres. Son amitié nous était, et nous restera à jamais précieuse. Depuis notre rencontre à Vialas, il a habité notre vie, accompagné nos joies,  partagé en douceur ou en douleurs les étapes importantes, les instants décisifs. Le temps ne comptait pas dès lors qu’un ami était dans la détresse. Nous ne nous sommes jamais quittés, et ce soir, il est partout. Merci pour ces beaux jours de promenade sur les voies romaines aux empreintes de chars sur la pierre, pour cette demi-bouteille d’Yqem ouverte comme une messe, merci pour ta belle visite surprise à l’Européen à l’occasion de la sortie de l’album “(fr)agiles” comme un défi à la maladie, merci d’avoir ouvert ton âme avec ton vin, ta vie avec tes bras… Être mort, pour un si beau vivant, ce n’est pas disparaître. C’est impossible, tu es là, encore, près de nous, souriant de ton travail bien fait d’homme du Monde. Ce soir, le coup de fil de notre cher Philippe Faure-Brach était un coup au coeur. En voyant son nom s’afficher, nous avions déjà deviné Noëlle et moi que tu venais de partir. Il y a deux jours, pourtant, tu nous as dit au téléphone, “je me bats, je vous aime”… Tu n’étais pas présent à toutes nos fêtes, tu “étais” toutes nos fêtes. Il y avait toujours quelque chose de toi dans nos bonheurs, un conseil, une recette, un détail. Il y aura toujours quelque chose de toi désormais dans notre vie : ton absence.

“Tu l’auras ton étoile un beau jour c’est certain

Mais le ciel tout entier t’appartient”.

à Christiane, ton épouse, à ton fils Lucien, et à tous les tiens, notre profonde affection et toute notre tendresse,

Noëlle et Yves

MON  AMI CÉVENOL (à Patrick Pagès)

Paroles et musique YVES DUTEIL

Il existe une auberge à deux pas d’une école

Quelque part en pays cévenol

Comme un vieux coeur de pierre sur le flanc d’un rocher

Au milieu d’un village oublié

On y fait des festins mais celui qui les sert

Vous en parle si bien qu’au dessert

Il reste au fond du coeur un parfum d’amitié

Qui ressemble à la félicité

Il vous ouvre sa vie, sa cave et son savoir

Et sa table est un livre d’histoire

La saveur de son vin,  pareille à son regard

Laisse autant de tendresse et d’espoir

Il nous a raconté les mines abandonnées

Les maisons des vallées désertées

Les villages où les arbres et les lianes ont poussé

Sur les murs et les toits effondrés

Dans ce curieux décor de forêts pétrifiées

Où le temps semblait s’être arrêté

Il restait par endroits des lambeaux du passé

Que les vents n’avaient pas dispersés

De longues promenades en secrets échangés

On était un peu moins étrangers

De ces jours de magie, de bonheurs partagés

Il nous reste un grand vide à combler

Mon ami cévenol, tu m’as fait bien plaisir

Je n’ai que ma musique à t’offrir

Je t’écris ces couplets dans ma tête en secret

En hommage à ton talent discret

N’aie pas peur de vieillir, ton bonheur est ici

Dans ces pierres où ton père a grandi

Tu l’auras ton étoile un beau jour c’est certain

Mais le ciel tout entier t’appartient.

PATRICK PAGES AVEC YVES DUTEIL EN MAI 1986

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