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Premières journées de studio… A gauche, le sourire généreux de Franck, directeur musical de l’album, qui a esquissé sur chaque chanson une palette de couleurs originales, et avec qui nous travaillons depuis plusieurs mois jour et nuit à vous surprendre… Au centre, la joie communicative de Rhani, prince du Udu et roi du Kajinto, alchimiste des percussions, qui groove à fleur de peaux… A droite, Mokhtar, dont  les tambours de guerre puissants cachent une sensibilité subtile et délicate… Ces deux premiers jours de travail sont déjà foisonnants de surprises et de bonheur. De vraies belles rencontres. Après dix huit mois d’écriture et trois mois de pré-production numérique où les arrangements ont commencé à franchir le mur du son, la musique se déploie sous l’impulsion vivante et le talent des musiciens d’exception qui constituent la distribution de ce grand projet. Rhani, marocain d’origine, vient spécialement d’Allemagne pour cet enregistrement. Mokhtar vit en France il est né d’un père sénégalais et d’une mère marocaine. Luis, le maître des lieux, est argentin, son épouse Hélène, norvégienne. Ici, c’est comme une famille. On se sent bien au premier regard… Mokhtar : “Cet album, c’est l’ONU !” L’enfant n’a encore que deux jours, mais je vous assure qu’il est vigoureux, et qu’il a déjà du coeur… On n’a pas fini d’être heureux…

Drôle d’impression : je viens d’achever l’écriture du livre auquel je travaille depuis un an et demi… Orphelin de plume, puisque j’ai aussi terminé les chansons de l’album “Armés d’amour”, je sens que je ne vais pas tarder à mettre un nouvel ouvrage sur le métier à tisser les mots… Je ne peux m’empêcher de vous faire partager cet instant particulier où la création commence à échapper à la main, sinon au coeur… Comment définir ce livre ? Bertrand Révillion directeur de la collection “Grands Témoins” chez Médiaspaul, s’est risqué à l’exercice :

“Après le magnifique rendez-vous de La petite musique du silence (près de 10 000 exemplaires vendus), Yves Duteil nous revient avec un nouveau livre.
Sur l’écritoire s’offrent les pages d’un précieux témoignage, à la fois récit de vie et sentier de quête intérieur. L’auteur-compositeur-interprète de “Prendre un enfant” et de La langue de chez nous, se confie comme sans doute il ne l’a jamais fait. Ses mots évoquent sa vie, sa carrière, son beau métier d’artisan de la chanson. Ils disent son regard sur la vie et ses mystères. Ses mots murmurent aussi sa quête de sens, ses sentiers de spiritualité, ses interrogations : « La spiritualité guide ma vie. Elle ajoute une dimension d’altitude qui me manque sur le papier. Et quand j’atterris à nouveau après une échappée, mon cœur a étanché sa soif de ciel et son envie d’envol, je me sens plus riche d’un espace intérieur, plus vaste de ce dépassement. Ce monde intime, imperceptible dans l’aveuglante clarté du soleil, a besoin de pénombre et de silence pour dialoguer, loin du tumulte quotidien. C’est ce voyage que je voudrais partager, parce qu’il concentre tout ce que nous avons de plus précieux, de plus fragile et solide à la fois, cette part insaisissable d’immatériel qui cumule nos héritages et traverse le temps à travers la mémoire de l’essentiel. L’éternité n’a cure du présent. Mais nous sommes peut-être les innombrables caractères dont elle a besoin pour écrire sa route et incarner cette continuité. Quelles que soient nos religions, nos croyances ou nos cultures, nous portons ce mystère comme une étincelle… C’est un mot d’amour, la graine d’un fruit, un pollen invisible qui féconde la terre et attend la saison propice pour germer, grandir et prospérer. C’est une pensée dans un jardin, une oasis peut-être ? Une espérance. »

A mon tour, je m’avance sur un extrait qui me semble bien résumer le propos :

«  la spiritualité n’est pas entrée en moi par effraction : j’ai compris qu’elle était déjà là, qu’elle attendait le moment opportun pour me proposer son bras, comme on aide le malvoyant à traverser la rue aux mille dangers… Attendrie par notre ignorance, elle nous offre un espace de vérité. Irrationnelle à première vue, elle parvient à s’imposer par son évidente simplicité. Une intime conviction, étayée par des signes, sans apprentissage, quand l’élève est prêt, le maître arrive. Sous la forme de rencontres, elle nous invite à une affinité intuitive avec des êtres dont la voix, le visage ou la lumière nous éclairent un instant la route. Un service de phares et balises qui s’allume au passage comme pour nous dire « c’est par là »… La spiritualité joue avec nos nerfs, mais elle attend son heure, accoudée au balcon de notre existence, comme l’inconnue d’une équation qu’on ne calcule pas mais qui détient la clé de notre identité remarquable… Puis un jour, elle avance dans la lueur de notre désespoir, et nous dit en silence: « bon, on y va ? ». Et si la clé était ailleurs ? Une petite boussole de voyage dort toujours dans notre poche intérieure. C’est notre kit de survie… »

J’espère que ce livre parlera à nombre d’entre vous. J’ai voulu y déposer ce que j’ai appris sur cette route où vous m’avez accompagné, et en voyant ma silhouette s’allonger sur le bord du chemin au coucher du soleil, j’ai compris que l’ombre révélait toujours la source de lumière dont elle était la preuve…

“Nous aurons beau tout faire pour nous garder du pire

On n’est jamais vraiment à l’abri du meilleur…”

“Et si la clé était ailleurs ?” sera publié en avril prochain, aux éditions Médiaspaul

Chers amis,

Autant il m’était difficile depuis quelques semaines de vous écrire sur ce Blog en raison des changements successifs de calendrier que nous avons dû assumer indépendamment de notre volonté, autant je peux maintenant poser des jalons sur la route, et vous donner des nouvelles toutes fraîches, puisqu’à présent la brume se lève et nous commençons à entrevoir du soleil à l’horizon…

Par exemple :

Je chanterai à Bruxelles au superbe Théâtre du Vaudeville  les 17, 18 et 19 mars 2017 pour trois soirées exceptionnelles. Par ailleurs, je suis en train de parachever l’écriture du prochain livre, qui devrait paraître (d’abord en France, puis dans l’univers tout entier et peut-être un peu au-delà…) autour du mois d’avril. Mon éditeur ne me pardonnerait pas d’être en retard pour ce rendez-vous, car il m’attend devant la porte avec ce titre : “Et si la clé était ailleurs…? “. Et la rentrée parisienne , elle, aura bien lieu à l’Alhambra, les 20 et 21 janvier 2018, exactement dans un an, le temps qu’il nous faudra pour nous assurer que ni ma guitare, ni mon piano ne se changent en citrouille à minuit…

Nous sommes entrés dans une grande période d’effervescence et de création, car la matière de ce disque, comme celle du livre, est déjà entre nos mains… L’enregistrement de l’album est une aventure artistique exaltante dont je vous ferai partager le bonheur d’étape en étape… Loin d’avoir été un long fleuve tranquille, c’est à présent un parcours du coeur battant qui s’annonce foisonnant d’idées, une collaboration nouvelle qui fait évoluer les chansons de jour en jour, au rythme de nos séances de travail…

Autres beaux moments à vous proposer de partager, au hasard de mes lectures, de mes écoutes… :

  • Bertrand Révillion vient de raconter dans un ouvrage lumineux la relation privilégiée de Marco, enfant curieux et solitaire, avec son grand’père, un récit tout en tendresse et en émotions, qui nous renvoie à l’essentiel, la transmission. Grand’Pa, au fil des pages, devient vite aussi notre grand’père, ce héros facétieux qui rit beaucoup, pleure un peu, et se moque de tout avec la légèreté si grave des  bons grands parents complices de nos questions, de nos fous-rires, de nos bêtises… : “Les Heures Claires”, à coup sûr, il semble les connaître si bien qu’on jurerait son histoire… (Editions du Cerf)
  • Après les heures claires, voici  les “Heures insulaires”, sur le double album symphonique “Océanes”, orchestré par Michel Précastelli  (ami de toujours, et piano complice de mes concerts pendant presque deux décennies) sur le timbre de collection de la voix de Fabienne Marsaudon. Une dentelle de musiques, loin de ce monde “où tout se quantifie, se prévoit, s’achète ou se vend”… la mer, à perte d’horizon, de mystère et de poésie, dans la dimension d’une déferlante de musiques qui vous font surfer sur des chansons d’écume et des îles aux trésors…
  • Une découverte : Marianne Day, “23h17”, c’est le titre de son très bel album, où vous allez faire connaissance avec une voix, un talent, une diversité musicale heureuse dans tous les registres : jazz, bossa, anglo-saxon ou hispanique, des trios à cordes de toute beauté qui rivalisent de poésie avec les textes délicats de Marianne. Les musiques et les orchestrations,  signées Franck Monbaylet , sont un régal du premier au dernier morceau… A 23h17, vous remettrez le disque au début...

Voilà chers amis, ma petite lettre du jour, pour vous rejoindre,  pour ne pas lâcher le fil du cerf volant qui nous porte ensemble à lire, à chanter, à rêver…

A bientôt à Bruxelles peut-être, et plus encore… ?

En toute amitié

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