Petit retour en arrière : 1978 au Théâtre des Champs Elysées, à Paris : Monique Le Marcis, la fée d’RTL assistait ce soir-là à notre concert. L’album était sorti un an et demi auparavant, et plusieurs chansons avaient déjà tourné sur les ondes des radios nationales. Mais devant la réaction du public sur “Prendre un enfant” Monique a pensé : “Je crois que nous sommes passés à côté de quelque chose“. Elle décide alors de mettre la chanson à l’antenne dès le lendemain comme une nouveauté, lui offrant ainsi la chance de rencontrer le public de la Première radio de France. On connaît la suite de l’histoire, “Prendre un enfant” sera d’abord élue “Meilleure chanson de la décennie”, avant d’être sacrée “Plus belle chanson du siècle” dix ans plus tard lors du “Hit Parade du Siècle” organisé par RTL et Canal +. Depuis mes débuts, RTL a toujours été un peu ma famille. Revenir aujourd’hui au sein de la station avec Eric Jean-Jean pour un “Grand Studio” est pour moi un authentique bonheur. En direct avec les musiciens, nous allons offrir les versions “scène” de plusieurs chansons du programme de la tournée “Quarante ans plus tard“. Un mini-concert doublé du plaisir de la découverte, avec “Les Frangines“, dont les chansons sont une éclosion de talent, de fraîcheur et de sensibilité. Une belle rencontre, qui va nous permettre avec Jacinthe et Anne d’improviser autour de nos racines communes, un petit hommage festif qu’on n’est pas près d’oublier… Retour vers le futur… la famille s’agrandit : on a deux nouvelles petites soeurs…
Si la tradition des voeux annuels nous semble parfois désuète, c’est sans doute que la formule a vécu… Mais chaque année nouvelle nous offre cette occasion de renouer avec des gens que l’on aime, et auxquels on n’a pas fait signe depuis longtemps, parce que la vie nous a entraînés ailleurs, et que l’on remet souvent au lendemain… Au fil des voeux auxquels je réponds, je me prends à songer au médecin qui nous a sortis d’un mauvais pas, au chirurgien qui a eu mon coeur entre ses mains, à des musiciens avec lesquels nous avons vécu des moments exceptionnels, à cet ami dans la peine, et je trouve bien longue la liste de nos oubliés du quotidien, dont on est si heureux de recevoir la réponse, aussi brève soit-elle, comme un jalon qui montre la solidité du lien qui a survécu au temps… Toujours vivants, toujours présents les uns aux autres, il suffit d’un trait de plume pour raviver les couleurs de l’amitié. La toile n’est pas faite que de ces fils de cuivre qui relient nos disques durs à nos écrans connectés. Elle porte aussi la mémoire vive de nos disques tendres, les visages et les noms, les aventures et les épreuves partagées… Au-delà des mots convenus pour se souhaiter le meilleur, la bienveillance est à fleur de clavier. Vous adresser ce message sur le Blog, c’est une façon pour moi de vous remercier de votre amitié si fidèle, de ce lien privilégié qui vaut tout l’or du monde à mes yeux, et qui fait de cette carrière déjà longue, une aventure d’une incomparable richesse.
Que cette année nouvelle porte pour nous tous des germes d’apaisement, vos attentes exaucées, vos rêves à construire…
Bienvenue en 2020,
Très affectueusement de nous deux,
Avant même notre départ de Paris, nous sentions que cette tournée 2019 au Québec promettait d’être un grand souvenir… La tonalité des entretiens par téléphone avec les journalistes en prélude à notre venue augurait bien de l’accueil qui nous attendait, mais je n’imaginais pas autant de bonheur concentré sur ces six semaines de concerts. Beaucoup d’entre vous nous ont suivis sur les réseaux sociaux jour après jour, à travers les échos, les instantanés, les articles, les vidéos. Je vous invite cette fois à partager en coulisses cette équipée québécoise. Le temps m’a manqué depuis notre retour de cet itinéraire d’un artiste gâté, il nous fallait un peu de recul aussi, pour digérer, déguster, et restituer ce chemin d’affection et d’estime réciproques qui nous attache au public du Québec.
D’étape en étapes, ce lien s’est approfondi, enrichi de nouvelles complicités, avec l’impression d’être ici en famille. Le Québec a offert l’hospitalité à mes chansons, et nous nous sommes affranchis de l’Atlantique qui nous sépare pour en faire un voyage qui nous unit.
J’imaginais pouvoir écrire sur le Blog une sorte de journal de tournée, mais l’espace m’a manqué pour poser des mots sur ces images,sinon quelques lignes hâtivement lancées sur Twitter et Facebook, et “l’égo-portrait” (le “selfie” au Québec) que nous avons fait chaque soir en complicité avec le public. Mais comme nos portables nous permettent de saisir des moments volés, voici une petite galerie, “juste pour le fun”… (glissez la souris sur les photos pour voir la légende)
Aux côtés de Philippe Nadal (à G.), qui m’accompagne depuis plusieurs décennies au violoncelle avec une incomparable sensibilité, Jacques Roy (au centre) et Dominic Cloutier (à D.) ont traduit chacun à leur manière, mais toujours avec subtilité et précision, les intentions musicales que nous avions longuement élaborées en France avec Philippe, Gilles Bioteau et David Mirandon (contrebasse et percussions). Depuis plus de trente ans, Michel Colin assure le son et la régie générale du spectacle, comme un miroir technique et artistique parfait, et pour compléter cette équipe franco-québécoise, Louis Morisset a reproduit au plus près la création-lumière française originale de Julien Bony, inspirée du vitrail, en projections de transparences et de couleurs.
Le décor posé, nous n’avions plus qu’à entrer en scène…
Enfin presque, car nous avions par chance en coulisses la vigilante bienveillance de Noëlle sur notre petit groupe qui peu à peu sous son influence, s’est soudé comme une famille… Le public est sensible je crois à cette authenticité sur la scène, au plaisir d’être là, enveloppés de poésie et de musique partagées. Un mois et demi ensemble, rien que du bonheur.
Nous avons été surpris tout au long de cette tournée par le lien étroit entre le contenu des chansons et sa perception par la presse, le public, les diffuseurs, au fil des entrevues et des concerts. A travers l’accueil que nous avons reçu, je ressentais plus que jamais le respect ambiant et l’intérêt suscité par ces “quarante ans ” d’amitié en chansons…
La Francophonie s’invite au Parlement du Canada
Un message humaniste a parfois besoin de temps pour faire son chemin, et sans doute sommes-nous parvenus au confluent d’un monde en mutation, en quête de ses essentiels. C’est ce que j’ai ressenti dans un épisode inattendu lors de cette tournée, quand la langue française a rassemblé l’ensemble de la classe politique du Canada, que d’ordinaire tout sépare… A l’invitation de Mélanie Jolie, Ministre des Langues Officielles, nous avons été invités par le Gouvernement Fédéral à participer à Ottawa à la Journée Internationale de la Francophonie. Lors d’un petit déjeuner officiel, après une intervention improvisée sur l’identité francophone et sa dimension planétaire, j’ai chanté “La langue de chez nous” a capella pour les diplomates francophones des quatre coins du monde invités par la Ministre, puis nous avons suivi Denis Paradis, député de la circonscription de Brome-Missisquoi, jusqu’aux gradins réservés au public à la Chambre des Communes du Parlement canadien. En présence de Justin Trudeau, chaque député pouvait rendre brièvement hommage à la francophonie. Voici l’intervention surprenante de Denis Paradis…
A l’issue de ce discours-hommage à “La langue de chez nous“, nous avons vu se lever tous les députés du Canada, opposition et majorité confondues, et se tourner vers nous pour applaudir en direction des gradins, où nous étions pétrifiés par l’émotion… Justin Trudeau, Premier Ministre, est venu nous saluer à la fin de la séance. Inoubliable séquence qui concrétisait notre désir d’unir ceux que tout sépare, culture, langue, religion, vécu, opinions, couleur de peau, histoire, tendance ou tradition, autour de ce qu’ils ont en partage. Jusque-là, la survie du français s’était focalisée principalement autour du Québec, mais la suppression de subventions aux francophones de l’Ontario a provoqué un tel tollé de la part des intéressés qu’il a élargi soudain la revendication territoriale du respect à la langue française à toutes les communautés francophones du Canada. Cette invitation résonnait comme une réponse du Fédéral à la prise de conscience du fait que le français, enjeu culturel, concerne la francophonie tout entière, et plus de 270 millions de francophones à travers la planète…
Petite visite guidée…
Lorsque nous arrivons dans une salle de concert, nous prenons possession de la scène, que les techniciens ont déjà investie pour installer le matériel et les éclairages. Les salles sont plus belles les unes que les autres. Voici quelques unes d’entre elles, telles que nous les découvrons à notre arrivée…
L’Anglicane, à Lévis (ci-dessous), est une ancienne église transformée en salle de concert…
Et pour notre premier concert, tout aussi atypique (ci-dessous) l’Eglise de Châteauguay…
La balance quotidienne nous permet de nous régler sur l’acoustique particulière de chaque lieu. Michel Colin, notre orfèvre du son, est aussi le sonorisateur attitré des concerts de Phil Collins. En tournée, notre horaire est serré, entre voyage, répétition, repas, concert, en phase avec les rendez-vous de promotion calés par l’équipe en amont, pour la presse ou la télévision locales, et des conférences-débat les jours de relâche (à Québec et Montréal).
Les moments de détente sont grandement appréciés…
Moments forts…
Parmi les moments les plus intenses de cette tournée, chaque soir, “La langue de chez nous” (ci-dessous, à Longueuil, captée par Noëlle au bonheur des coulisses…)
Et puis Saint-Pierre, pour trois concerts…
Ma guitare et le violoncelle de Philippe vont voyager en cabine, sous très haute protection…
Imprévus…
En approche d’Halifax, notre première escale, la brume rendait nulle la visibilité au sol. Tout près d’atterrir, notre avion a dû faire demi-tour et regagner Montréal. L’équipe a embarqué à nouveau le soir en ordre dispersé, direction Terre-Neuve, où nous avons passé la nuit. Le lendemain matin nous avons embarqué pour St-Pierre, mais nos bagages étaient partis par erreur à Halifax… Tout est rentré dans l’ordre, et nous avons chanté comme prévu à St-Pierre, comme si de rien n’était…
Le charme de Saint-Pierre
Merci pour cette superbe aventure. Nous n’oublierons jamais votre accueil, le partage de ces émotions, sur scène comme au quotidien, ces rencontres nous ont amarrés au Québec comme un navire au port d’attache… Martin et Martin (oui, il y en a deux), Claudia, Sophie, Audrey, toute l’ équipe Martin Leclerc Productions, Pierre et Ibrahima pour l’assistance numérique tout au long du voyage, François Marion , qui nous a accompagnés avec talent à la contrebasse pour les concerts de Saint-Pierre, Monique et Daniel pour le studio Opus, merci à vous tous d’avoir ouvert la route à ces moments rares…
Respect …🙌
Yves et Noëlle
Presse, entrevues TV / Radio / Web, suivi numérique et liens vers les articles liés à la tournée : voir l’article du 19 mars 2019
« Ce filet d’eau qui chante en plein coeur des faubourgs Ce ruisseau qui serpente en traversant ma cour Il a touché mon coeur et j’ai compris qu’un jour C’était une rivière et j’ai suivi son cours
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