{"id":59,"date":"2007-06-13T01:59:09","date_gmt":"2007-06-13T00:59:09","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/2007\/06\/13\/emouvant-hommage-a-pierre-delanoe\/"},"modified":"2007-06-13T02:06:23","modified_gmt":"2007-06-13T01:06:23","slug":"emouvant-hommage-a-pierre-delanoe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/2007\/06\/13\/emouvant-hommage-a-pierre-delanoe\/","title":{"rendered":"En hommage \u00e0 Pierre Delano\u00eb, une soir\u00e9e d&#8217;\u00e9motion&#8230;"},"content":{"rendered":"<p>    Lundi 11 Juin, le Th\u00e9\u00e2tre de la Porte Saint Martin \u00e0 Paris \u00e9tait comble, \u00e0 l&#8217;occasion de la deuxi\u00e8me \u00e9dition du Prix Claude Lemesle, organis\u00e9 par la SACEM avec de nombreux partenaires, en hommage \u00e0 Pierre Delano\u00eb, qui nous a quitt\u00e9 en janvier cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p><em><br \/>\nAuteur de 5000 chansons, dont au moins 500 grands succ\u00e8s, Pierre restera pour tous les auteurs de chansons une r\u00e9f\u00e9rence absolue de talent, de foisonnement d&#8217;id\u00e9es, de diversit\u00e9. Grande gueule, et grande plume, il a marqu\u00e9 d&#8217;une empreinte profonde plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d&#8217;artistes, et cr\u00e9\u00e9 sans le savoir une \u00e9mulation permanente, qui nous fait secr\u00e8tement envier les plus belles de ses chansons. &#8220;Le Bal des Laze&#8221; (pour Michel Polnareff), &#8220;Nathalie&#8221;,  &#8220;Et maintenant&#8221;,  (pour Gilbert B\u00e9caud) &#8220;Je n&#8217;aurai pas le temps&#8221;, &#8220;La belle histoire&#8221; (pour Michel Fugain), &#8220;La fille du Nord&#8221; ou &#8220;Santiano&#8221; (pour Hugues Auffray), &#8220;Soir\u00e9es de Princes&#8221; pour Jean Claude Pascal&#8230; <\/em><\/p>\n<p><em>Et puis il a \u00e9t\u00e9 un ardent d\u00e9fenseur de notre m\u00e9tier en tant que Pr\u00e9sident de la SACEM&#8230;  <\/em><\/p>\n<p><em>    La premi\u00e8re partie de la soir\u00e9e a consacr\u00e9 une jeune artiste , &#8220;Za&#8221;, qui nous a offert une tr\u00e8s belle chanson &#8220;Mai en moi&#8221; qui lui a valu de repartir avec le troph\u00e9e du &#8220;Prix Claude Lemesle 2007&#8221;.<\/em><\/p>\n<p><em>    La seconde partie \u00e9tait un hommage particuli\u00e8rement \u00e9mouvant rendu par de nombreux artistes parmi lesquels Marcel Amont, Hugues Auffray, Chim\u00e8ne Badi, Didier Barbelivien, Alain Chamfort, Alice Dona, Michel Fugain, Didier Gustin, Jeane Manson, Nicoletta, Francis Perrin,  Fran\u00e7ois Val\u00e9ry, Herv\u00e9 Vilard&#8230;<\/em><\/p>\n<p><em>    En chantant &#8220;Soir\u00e9e de Princes&#8221; sur cette sc\u00e8ne, devant les siens, j&#8217;ai rev\u00e9cu le moment o\u00f9 j&#8217;avais chant\u00e9 cette chanson avec Pierre. Je me suis souvenu de la lettre que je lui avais adress\u00e9 \u00e0 sa mort, et que Sylvie, sa fille, avait lu pour ses obs\u00e8ques&#8230; la voici.<\/em><\/p>\n<p>Tr\u00e8s cher Pierre,<\/p>\n<p>T\u2019\u00e9crire une lettre pour te rendre hommage, c\u2019est un peu comme offrir une po\u00e9sie \u00e0 Victor Hugo\u2026 Tu ne la liras jamais, mais \u00e7a fait longtemps que tu \u00e9coutes par-dessus notre \u00e9paule quand on fait nos chansons\u2026 Tu nous as tous vus na\u00eetre, artistiquement chantant, et si nous passions la rampe, au crible de ton sens critique ac\u00e9r\u00e9, c\u2019\u00e9tait comme un adoubement implicite de ta part. Ainsi, tu as eu beaucoup d\u2019enfants, des enfants de c\u0153ur, qui t\u2019accompagnent aujourd\u2019hui \u00e0 Saint Pierre de Neuilly. Saint Pierre\u2026 Pouvait-on faire moins ? M\u00eame au paradis, on ne met pas les paroliers au Panth\u00e9on, mais le visage que certains d\u2019entre eux ont forg\u00e9 de leur \u00e9poque est une m\u00e9moire collective qui traverse le temps et les g\u00e9n\u00e9rations. Il en sera ainsi pour toi. Pas seulement par les milliers de chansons que tu as \u00e9crites, mais aussi par le regard que tu as port\u00e9 sur ton m\u00e9tier d\u2019auteur, et qui nous laisse un testament de la m\u00e9thode. Tu n\u2019\u00e9tais pas seulement le plus prolifique, tu \u00e9tais aussi le meilleur. Tes coups de gueule \u00e9taient f\u00e9roces, tes coups de c\u0153ur ardents, et pas un seul d\u2019entre nous ne peut renier ce qu\u2019il te doit. J\u2019ai chant\u00e9 \u00ab Nathalie \u00bb bien avant d\u2019\u00e9crire ma premi\u00e8re chanson, et je chanterai encore \u00ab Le Bal des Laze\u00bb ou \u00ab Je n\u2019aurai pas le temps \u00bb avant qu\u2019il ne soit longtemps. Ta chaise va nous sembler bien vide, mais ce ne sera qu\u2019un tour de magicien. Ma\u00eetre chanteur, tu d\u00e9poseras encore \u00e0 la SACEM des milliers de po\u00e8mes, sem\u00e9s dans nos stylos par l\u2019encre sympathique que tu y as vers\u00e9 sans cesse, en mettant ton talent au service de celui des autres\u2026 Ta voix profonde cadrait peu avec l\u2019air du temps, mais elle parlait juste, et fort. Tu d\u00e9fendais notre profession en vers et contre tout, vent debout \u00e0 la proue du bateau. Tu fuyais le succ\u00e8s, qui ne cessait pourtant de te rattraper, et tu cherchais la rime la plus belle, en tournant mille et mille fois ta langue fran\u00e7aise dans ton palais. Je nous revois chanter ensemble \u00ab Soir\u00e9es de Princes \u00bb. Je savais combien cette chanson t\u2019\u00e9tait pr\u00e9cieuse, c\u2019\u00e9tait aussi ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e\u2026 Avoir pu ainsi te rendre hommage de ton vivant \u00e9tait un grand honneur.<br \/>\nAujourd\u2019hui, pour nous tous, il g\u00e8le \u00e0 Pierre tendre. Tu emportes avec toi le respect de toutes les g\u00e9n\u00e9rations dont tu as nourri l\u2019exigence, et tu avais mis la barre tr\u00e8s haut. Merci, et bravo.<br \/>\nAdieu, tr\u00e8s cher Pierre, et \u00e0 tr\u00e8s bient\u00f4t. Tu n\u2019es mort que dans la vie. Sur le papier, sans \u00e9p\u00e9e ni paillettes, tu es devenu un immortel de l\u2019acad\u00e9mie la plus belle, aux c\u00f4t\u00e9s de Verlaine et de Mimi Pinson\u2026<br \/>\nEt le spectacle continue\u2026<br \/>\nYves<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lundi 11 Juin, le Th\u00e9\u00e2tre de la Porte Saint Martin \u00e0 Paris \u00e9tait comble, \u00e0 l&#8217;occasion de la deuxi\u00e8me \u00e9dition&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"rop_custom_images_group":[],"rop_custom_messages_group":[],"rop_publish_now":"initial","rop_publish_now_accounts":{"facebook_10222809492399760_447542911964690":"","twitter_361935561_361935561":""},"rop_publish_now_history":[],"rop_publish_now_status":"pending","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-59","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=59"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/59\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=59"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=59"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.yvesduteil.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=59"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}