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Privés de Spa !…

Chers amis,

Au retour de notre tournée au Japon le 16 juillet, je me faisais une joie de vous rejoindre à Spa, pour le concert d’aujourd’hui  21 juillet aux Francofolies. Un camion 36 Tonnes en a décidé autrement. Le choc a été brutal, même si on ne roulait pas vite. J’étais décidé à venir quand même, malgré une côte cassée et une violente douleur lombaire, et je mettais un point d’honneur à honorer ce rendez-vous, qui avait pour moi un côté symbolique puisque j’ai fait mes tout premiers pas à Spa en 1974, en remportant le Prix du Public et celui de la meilleure chanson. Je ne l’ai jamais oublié.

Mais je dois me rendre à l’évidence, je ne serai pas en mesure d’offrir le spectacle, compte tenu de la douleur qui s’impose, et la côte brisée me coupe le souffle pour chanter. Il me faudra un peu plus de temps pour me remettre de ce choc, et c’est à regret que j’ai dû me résoudre à renoncer au concert, événement rarissime dans ma carrière.

Ce n’est que partie remise, je vais tout mettre en œuvre pour me rétablir au plus vite et oublier cette mésaventure qui nous prive de cette rencontre…

J’ai été infiniment touché de vos très nombreux témoignages de réconfort et d’affection, merci à tous et à très bientôt…

En toute amitié,

Yves

Belle surprise à Montréal, au Gésu : Gilles Vigneault assistait au premier concert de la tournée. Une occasion pour moi de lui rendre hommage en public : les maîtres de plume ne sont pas si nombreux…

Après quelques échanges chaleureux en coulisses, nous promettons de nous revoir. Quelques jours plus tard, Alison et Gilles nous invitent chez eux avec notre amie Mia.

Gilles nous accueille...Gilles nous accueille au seuil de sa maison, vient au devant de nous et nous fait les honneurs du jardin, au bord du lac. Un calendrier des saisons de la vie avec Alison, regard et gestes bienveillants. A chaque année son nouveau projet pour la maison…

Mia, « consultante du superflu » comme elle aime à se définir, nous raconte « l’Apprenti-Sage », où elle a rassemblé les pépites recueillies sur les dix-huit volumes du journal où Gilles consigne chaque jour ses coups de cÅ“ur et ses révoltes, ses réflexions, ses bonheurs et ses peines depuis plusieurs décennies. Ecrire est une survie du temps : « …Il faut assumer qui on est, témoigner de ce qu’on a traversé ». Nous parlons aussi de Félix Leclerc, bien sûr, et des citations que Gilles aurait aimé écrire (« Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes ») et qu’il a publiées aux Editions de l’Arc dans « Le calepin d’un flâneur » ou « Rêves à vendre »… Cette rencontre est un savoureux partage d’idées, d’émotions et de mets faits maison. Un Nuits-Saint-Georges couronne le repas en notre honneur. De beaux moments d’intimité. Regard clair, sourire franc, il nous ouvre sa vie, comme si nous étions un chapitre du livre. Une belle âme en marche.Gilles et Yves..

Sur le seuil, avant de nous quitter : « Aujourd’hui nous avons reçu Yves et Noëlle Duteil, et Mia. Pour ma part je dirai que c’était une rencontre réussie… »

C’est bien notre impression aussi. Emulation, envie d’écrire à nouveau, fraternité d’esprit, de cœur, profondeur de chant. Une plume de poids. Un sens unique de la formule, un univers dans le regard, un pays dans la voix. Une bibliothèque au bout des doigts.

Une rencontre inoubliable…

Route Sept Iles a Trois Rivieres

Sur la route de Sept-ÃŽles à Trois Rivières (700km) on ne sait plus où donner des yeux. Entre le Saint Laurent qui borde la forêt comme une mer à perte de vue et la multitude de lacs qui surgissent au sommet des côtes, la beauté est partout. Les cimes des arbres serrées comme un tapis alternent avec les chutes bouillonnantes qui jalonnent la rive nord du fleuve. C’est grandiose. Torrent 3Je n’ai pas emporté mon appareil photo, et celui de mon téléphone ne peut rendre la profondeur lumineuse de ces visions fulgurantes, puissantes.  Julien notre éclairagiste, a pris son Nikon…  Ici la nature est omniprésente, écrasante. Les pionniers de ce nouveau monde se devaient d’être des hommes rudes à la tâche, des âmes solides. Sept millions aujourd’hui sur un espace de sept fois la France. Un ouvrage colossal. Face à un tel défi, on éprouve un sentimMaraisent d’humilité. Le spectacle est permanent. La route tracée au cordeau a creusé à travers ces tableaux vivants des milliards de tonnes de terre et de roches concassés, planté des pylônes géants pour apporter l’énergie, déblayé des montagnes de neige et de glace, usé des générations de bras pour ouvrir le passage. Dix heures de route pendant lesquels nos regards se croecureuilisent, remplis de cette lumière comme devant un chef d’œuvre. Nos tournées hivernales ne laissaient voir que du blanc. Ce printemps québécois est une découverte, sous le soleil de mai.

Et toujours, un public frissonnant, affectueux, soufflant le chaud et le tendre, riant aux éclats, nous renvoyant en écho les vagues d’un accueil bienveillant, d’heureuses retrouvailles, et d’un partage encore plus fort…

Lac

Barques 2

Bord lac

Photos Julien Bony

Cliquez sur les photos pour les agrandir…

J’arrive !…

Photo Eric VernazobresVenir chanter au Québec et au Canada est pour moi  un moment privilégié, une belle rencontre. Le lien qui s’est tissé au fil des années entre nous s’est nourri de toutes les émotions partagées. Des chansons nous ont reliés comme en famille. C’est d’abord au Québec que  « Prendre un enfant » a été chantée pour des baptêmes, c’est la rencontre magique avec Félix, l’émission « Vagabondages » tournée autour de lui avec Roger Gicquel à l’île d’Orléans, « La langue de chez nous », bien sûr, mais aussi ce sentiment d’être « chez nous » de Montréal à Rouyn Noranda : jusque dans la rue, où les regards se croisent,  les sourires sont complices, les  échanges chaleureux.  Aujourd’hui  le nuage d’Islande s’éloigne, le départ est proche.  La semaine de présentation en février dernier nous a permis de renouer avec cette amitié en prélude à cette série de concerts,  j’ai été touché par cet accueil, fait de respect et d’affection, et par le témoignage  spontané  d’une génération qui a grandi avec  mes chansons , et qui croise à nouveau leur route aujourd’hui…

Quelques heures nous séparent à présent de la « première » à Montréal…

J’arrive !…

Affectueusement

Yves

Couv Song Book (fr)agiles

Au recto : "(fr)agiles"

Le double recueil de partitions qui regroupe les chansons de « Sans attendre » et « (fr)agiles » est sorti ! Nous y travaillions depuis plusieurs mois avec une petite équipe de passionnés : Patrick Moulou, qui l’a construit avec nous, Patrice Jania (relevés guitare) et Michel Leclerc (relevés piano). Son sous-titre (« Les petits secrets de guitare d’Yves ») laisse entrevoir un coin de technique très personnelle, qui crée parfois le son, et explique la méthode empirique, artisanale, instinctive, qui m’a guidé dans l’inspiration et l’écriture… Deux recueils en un, tête bêche, auxquels nous avons ajouté sept titres plus anciens pour les amateurs qui veulent se remettre à jour de « Prendre un enfant », La langue de chez nous », « Pour les enfants du monde entier », « Ton absence », « Le mur de la prison d’en face », « Au parc Monceau » ou « Mélancolie »… Les morceaux « guitare » sont des tablatures, les morceaux « piano » sont des partitions. 30 titres, et beaucoup de soin apporté à la justesse des notes, avec un « plus » que l’on doit à une volonté commune d’en faire un bel ouvrage : une belle collection de photos personnelles inédites.

Voici le texte d’ouverture du recueil…

Couv' Yves Duteil (recto/verso)

Au verso : "Sans attendre"

Depuis toujours, je travaille le piano et la guitare en amateur (« celui qui aime » s’entend…). Lire une partition est pour moi un effort surhumain, mais accessible. J’ai appris la musique avant le solfège, comme un enfant sait parler avant d’écrire. Ca m’a donné un certain nombre de mauvaises habitudes, de doigtés bizarroïdes, d’arrangements à l’amiable… Ca s’appelle « mes petits secrets de guitare ». Donc, par définition, ça reste entre nous, ne le dites à personne, surtout pas à votre professeur. Je descends ma corde de Mi grave en Ré, j’utilise un capodastre, j’étouffe les cordes au niveau du chevalet (dont les chevillettes sont en laiton, un « truc » de Didier Dubosq – luthier -  qui optimise les aigus). Ma guitare est une Guild Folk modèle D 26–E/NT de série (1997). Le système qui la rend électro-acoustique est un Fishman « Ellipse Blend » dont le tableau de contrôle épouse l’arrondi de la rosace et le rend invisible. Il possède une double entrée, capteur et micro, mais après avoir essayé bien des mélanges avec Michel Colin, notre « ingénieux » du son, c’est le capteur qui a gagné la partie en ajoutant simplement une pointe de graves et  d’aigus à la console. Nous avons voulu avec Patrice Jania (relevés guitare) et Michel Leclerc (relevés piano) conjuguer fidèlement ce qu’on entend sur les albums avec une lisibilité rapide de la partition ou de la tablature. Avec Patrick Moulou, qui a réalisé ce recueil avec respect et passion, nous avons agrandi les schémas et les chiffrages d’accords, privilégié une mise en page aérée.

Le piano était mon premier instrument, (« Le mur de la prison d’en face ») et j’ai renoué avec lui une histoire nouvelle, avec « Apprendre » (même pas dur !) et « Pour que tu ne meures pas » (en ligne de crête, tout en touches noires…). Et surtout, avec  « Elle ne dort », « Fragile » et « Où vis-tu Pauline ? », où même en Do, on évolue en arpèges et en harmoniques.

Après ces quelques lignes d’ouverture, je vous laisse avec les chansons, ou plutôt non, je vous accompagne. Passez devant, je vous en prie. A vous de jouer…

Double recueil de partitions « (fr)agiles » et « Sans attendre » + 7 titres Bonus : 30 chansons (Paul Beuscher Éditions)

Disponible dans la Boutique du Blog et en magasins…

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