Du climat au micro…
Le 4 janvier 2008 par Yves Duteil
J’en rêvais depuis longtemps : pour mon anniversaire, ce piano Steinway de 1898 a voyagé depuis Paris et traversé la Méditerranée, mais le plus difficile consistait à franchir les trente derniers mètres du coteau pour accéder à la maison… j’ai passé le reste de l’été au clavier, jour et nuit, à m’émerveiller de la beauté des harmoniques et du son lumineux de ce cadeau exceptionnel, en poursuivant l’écriture des chansons.
Fin août, Danièle Molko, source de bien des rencontres depuis quelques mois, avait suggéré le nom d’Alain Cluzeau pour la réalisation de l’album…. Il est venu nous rejoindre en Corse. C’est une véritable aventure artistique qui commence, dont la convivialité va peu à peu se muer en confiance réciproque.
Mi-Septembre. Il est très tôt ce mardi matin. Je prends la route vers Paris pour la première séance d’enregistrement guitare-voix. Le long du canal, où la brume matinale n’est pas encore dissipée, je saisis l’image sur mon téléphone portable. Les chansons sont presque achevées. « Presque », car j’ignore encore à quel point nous allons retoucher les textes, les musiques, la structure même de certaines des chansons… Nous sommes en plein coeur du Quartier Latin, où les restaurants foisonnent, où il suffit de sortir pour trouver des croissants pour faire une pause-café, ou rapporter de succulents sushi pour déjeuner sur le pouce. Aucune plaque sur cette porte cochère, où se cache depuis trente ans un superbe studio.
C’est ici que nous allons vivre, pendant deux mois, la saga de l’album..
Entrez, juste pour voir…
Ici le temps est compté et l’émotion est fugitive. Quand elle passe, c’est le grand beau.
La bonne prise, c’est celle où l’on chante le plus naturellement, où on oublie le micro, le studio, tout en sachant qu’ils sont là, dans un subtil mélange de concentration et de lâcher prise… Souvent j’ai senti passer un courant de complicité, des deux côtés de la vitre, où les micros restaient ouverts en permanence, dans les deux sens, dès la fin des morceaux. Alain a réussi l’exploit de m’amener vers des formules musicales nouvelles, sans changer fondamentalement ma façon de chanter, simplement en me laissant le temps de faire le chemin à mon pas,pour emboîter le sien. J’ai eu aussi le sentiment d’être écouté, dans ma conception des morceaux, mes suggestions ou mes réticences, et ce respect mutuel a permis d’aller beaucoup plus loin dans le mélange des idées. Une foule de petits détails
ont pu ainsi émerger, qui nous réjouissent à chaque écoute, et font partie intégrante du bonheur de ce disque. Les arrangements de Fabrice Ravel-Chapuis regorgent de belles surprises, d’une simplicité parfois désarmante. Une simple note de piano apporte sa touche brésilienne, un ticket de métro devient une percussion… Tout est fragile, et c’est je crois ce qui nous restera de ces moments suspendus. Une fragilité voulue, assumée, heureuse.
Et une moisson à partager…
Que la vôtre soit plus belle encore que vos rêves…
Noëlle se joint à moi pour vous souhaiter une superbe année 2008 !
à bientôt !
En attendant de pouvoir écouter, voici quelques images glanées de ces moments précieux…





















Étrange, cette impression de vous faire entrer sans effraction dans l’intimité de cet été studieux, mais détendu, où la création a pris le pas sur des vacances bien réelles, émaillées de nuits d’écriture et de journées de musique…
















