Hier dans « La Croix »…
Le 3 avril 2009 par Yves Duteil

Les débats autour de la Loi Création et Internet ont repris à l’Assemblée Nationale. L’enjeu consiste à trouver un échange équitable entre les internautes et les artistes de la musique et de l’image. Il s’agit de garantir à la création un espace de survie. Il est rare de pouvoir exprimer le point de vue des artistes hors des polémiques habituelles sur le sujet. Le journal La Croix m’a demandé de le faire… Cette tribune est parue hier jeudi 2 avril 2009 :
« Il faut un code de la route de l’internet. La culture gratuite et accessible à tous est un leurre. Toute gratuité est financée, par l’impôt, les cotisations ou la pub, et respecte un équilibre… Ce n’est pas le cas du téléchargement sauvage. La disparition des supports musicaux est un trompe l’oeil. Le CD s’effondre, mais la clé USB, le lecteur mp3, l’iPod, les écouteurs, la carte mémoire, le disque dur externe, les Smart Phones, font le bonheur des marchands de matériel à dématérialiser la musique. Or, devant la caisse, nulle voix n’invoque la gratuité des écrans plats, des ordinateurs, des processeurs, des systèmes d’exploitation, des graveurs, encore moins celle des abonnements et accès Internet, bref, de l’incontournable kit sans lequel on ne peut écouter, graver, échanger, stocker, lire ou télécharger les chansons. Qui invite les artistes à partager cette manne colossale dont ils sont devenus le produit d’appel ? Pire, on leur conteste le droit de gagner leur vie, les moyens de produire leur prochain album. Avec la technologie, on a pris l’habitude de partager ce qui ne nous appartient pas. Mais les créateurs ont leur mot à dire dans ce hold-up où la démagogie de certains politiciens irresponsables a donné le signal de l’impunité aux amateurs de téléchargement illégal. Il n’existe aucun autre domaine sur Internet qui permette au consommateur de ranger sa carte de crédit sans l’accord du vendeur, du fabricant, de l’inventeur des produits proposés dans la vitrine.
Le mot « liberticide », exhumé du grenier, avait déjà servi d’épouvantail pour combattre la loi sur les Quotas à la radio, dont chacun convient aujourd’hui qu’elle a sauvé la production française. La loi Création et Internet constitue le seuil minimum sans lequel nous perdrions l’essentiel : la propriété intellectuelle. Créer est aussi une liberté. Les artistes ont envie de faire connaître leurs œuvres, mais pas au prix de leur mort économique. La qualité de la production a besoin des ingénieurs du son, des musiciens, des orchestrateurs, cette chaîne de talents a un prix. Et rien, c’est trop peu. Les artistes qui vivent de leur métier sont de moins en moins nombreux. La légende des revenus en or massif du show-biz-jet-set a fait long feu et reflète une élite minuscule. Les Majors sont en pleine implosion. La musique est un secteur sinistré. Pensons aux intermittents du spectacle… Au concert on paie sa place. Chez le disquaire on règle son CD. Sur internet la boutique est immense, mais elle fonctionne pareil. Une suspension partielle de l’abonnement en cas de vol de musique n’est pas plus choquante que la coupure du portable en cas d’impayé… le principe des messages d’avertissement permet d’éviter ce désagrément. A l’inverse, une amende (ingérable) donnerait à l’internaute le sentiment d’avoir acheté son droit à télécharger illégalement… et l’argent collecté ne reviendrait même pas à la musique ! La Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et leur Protection sur Internet (HADOPI) est une nécessité, qui garantira un échange équitable entre les créateurs et leurs amateurs sur le web.
J’aime la musique, j’écoute les artistes, même quand ils crient leur inquiétude… »
Yves Duteil















Très cher Yves Duteuil,
Je vous écris cette réponse avec tout le respect que j’ai pour vous (et j’en ait beaucoup).
Je dois vous avouer une chose: j’ai téléchargé une de vos chansons. Et oui, c’est mal, je le sais, mais je pense m’être rattrapée depuis le temps. J’ai tellement aimé cette chanson (Avoir et être) que j’ai acheté 3 de vos CDs après. Et c’est pareil pour bon nombres d’artistes dont j’ai acheté le disque d’ailleurs.
Est-ce que le téléchargement est responsable de la crise du disque ? C’est une très bonne question qui mérite qu’on la pose. Ma réponse, après avoir bien réfléchi sur la question et avoir posé la question autour de moi, auprès d’amis, téléchargeurs ou pas, est NON.
Parce que pour la plupart, nous achetons ce que nous aimons. Une partie de la crise du disque vient du fait que les produits culturels sont beaucoup trop chers. Un étudiant / stagiaire comme moi, qui gagne 200e par mois, peut-il se payer tous les artistes qu’il aime, à la somme de 15e par CDs, tous les films à 15e le DVD et presque 10e la place de ciné, tous les livres à 20e ? La réponse est bien évidemment non. Donc on achète ce qu’on adore (Yves Duteuil par exemple) et on écoute le reste sur Deezer, Youtube, ou on le télécharge.
Par contre, des sites totalement légaux comme l’iTunes Store, qui rémunèrent un artiste 0,07e par pistes vendues 1e, ça ne donne pas envie de faire de la musique. Autant graver le CD soit même et descendre dans la rue le vendre à la criée. D’ailleurs certains groupes ne se sont pas privés pour sortir des consortiums de musique et s’auto-produire, vendant un album 5e et récupérant 4e dans l’affaire. Et tout le monde est gagnant: l’auteur qui a gagné sa croute et le fan qui a son CD (il faut dire qu’un CD, c’est toujours plus agréable qu’une piste gravée, c’est plus vrai, authentique, on peut se le faire dédicacer,…).
Allez un dernier point contre la loi HADOPI, juste parce que je suis étudiante en informatique et donc que je m’y connais un peu en piratage. Cette loi, qui soit-disant protège les artistes contre le téléchargement prévoit des sanctions contre les utilisateurs de Bitorrent et P2P. Mais le streaming ? les newsgroups ? le B2B ? le cryptage de protocole ? que fait-elle ? RIEN. Par contre, on pourra se venter d’être, comme la Chine, un pays « protégé » sur le Net, avec une cyber-police, une liste blanche et tout le tremblement.
Et j’oublie bien des choses à propos de cette loi: les impossibilités techniques, le coût que cela va représenter (coût payé par le contribuable, donc nous tous), l’illégalité face au décret européen et même vis-à-vis de la loi française (une adresse IP ne peut être utilisé comme preuve d’authentification d’une personne sur le réseau), j’en passe beaucoup….
CQFD comme disait ma prof de maths
)
Tchao l’artiste
Chère Julia
J’ai bien lu votre message, et il me semble nécessaire de répondre sur les points précis que vous évoquez. Le prix du CD est sans doute encore élevé mais il ne cesse de baisser, à cause de la mévente des disques, en chute verticale. C’est vrai, le téléchargement n’est pas la seule cause de la crise du disque. Les statégies des maisons de disques, l’étranglement de la vitrine médiatique et commerciale, les conditions de vente consenties à la grande distribution, les émissions de télé-réalité liées à la musique, ont largement contribué au problème, et depuis longtemps. C’est même encore plus complexe que ça… Le streaming est en passe de se légaliser, via des accords sur les droits d’auteur avec la SACEM, comme une radio « normale ». Je ne défends personne, mais la profession, même si elle est un peu dépassée par la technologie, ne fait pas « rien ». Elle se mobilise justement sur ce thème et « l’HADOPI » sera la Haute Autorité chargée de suivre l’évolution de la technologie et de l’adapter à ce domaine touffu. On ne peut faire abstraction du droit légitime des artistes à une rémunération juste parce que c’est difficile et compliqué. Il faut bien commencer quelque part, et c’est ici et maintenant. Le rôle de l’Etat consiste à fixer les règles du jeu : le respect de la propriété intellectuelle. La France, avec Beaumarchais, a été précurseur en créant le Droit d’Auteur. La musique est un univers de professionnels qui ne pourront survivre sans une économie équitable qui leur permette de continuer à produire et à vivre de leur métier. Si demain j’arrête d’enregistrer faute de revenu possible (et les concerts s’arrêteraient bien vite aussi dans ce cas, contrairement à ce que pensent certains ) vous n’auriez plus jamais de nouveau « Duteil » sur le marché. Produire « (fr)agiles » a été un défi personnel, venu du fond d’un gouffre. Produire le concert du Dejazet en octobre dernier était une gageure par les temps qui courent. Nous l’avons fait contre vents et marées, en artisans. Tous les contrôles sont impopulaires et portent leur part d’injustices, que la jurisprudence met ensuite en évidence et répare. Les coupures d’électricité aménagées pour ne laisser personne sans le minimum d’urgence, le permis blanc pour ceux qui ont besoin de conduire pour travailler en sont deux des nombreuses illustrations,comme l’identification du contrevenant si votre voiture a été flashée et si vous n’étiez pas au volant, etc… On a lutté contre le port obligatoire de la ceinture, l’interdiction de fumer, la pub en faveur de l’alcool… Internet n’est pas inviolable, mais essayez de ne pas payer ce que vous y achetez, il faut être très fort… La polémique ne cessera pas demain par miracle. Mais ce que vous défendez pour les internautes, et que je comprends, est parsemé de fausses informations (comme la part qui revient aux artistes sur le téléchargement légal, qui est un raccourci extrêmement simpliste- et faux- de la réalité). Je plaide pour un équilibre, et non pour léser les internautes ou les amateurs de musique sans moyens. La liberté de créer passe par cette nécessité d’accords réciproques qui rétablissent la justice, là où la technologie a permis d’instaurer la jungle en principe de liberté. La jungle, c’est la liberté du lion de dévorer la gazelle. Notre rôle est de protéger les plus faibles et d’établir un code respectueux des droits légitimes de chacun. La loi ne vise pas les amateurs , mais ceux qui abusent de la situation d’impunité créée par le « laisser faire » ambiant.
Le débat est loin d’être clos, mais je vous remercie pour cette contribution sincère, et pour le respect que vous y exprimez pour cet art, dont la survie est menacée.
En toute amitié
Yves
Le progrès mais à quel prix ?
Le téléchargement est un outil absolument fantastique. Le fait que l’on puisse accéder à quasiment toutes les créations musicales (du moins leurs contenus sans le charme du beau boitier illustré avec photos et textes comme « les éditions de l’écritoire » savent le faire) ou cinématographiques quasi instantanément, trouver l’album épuisé, le duo jamais commercialisé ou devenu très rare, ou le film que l’on ne trouvait plus dans les bacs est une grande chance. On n’arrête pas le progrès. D’ailleurs ce serait dommage. Mais que se passe t-il si l’on continue à les voler en pratiquant le téléchargement illégal et que cela se généralise, comme c’est en train de se passer ? Il ne faut pas être énarque ou Saint-Cyrien pour en comprendre les conséquences…
Comme le souligne Yves, beaucoup de personnes vivent de la création d’un CD et il ne peut être rentabilisé qu’au-delà d’un certain seuil de ventes. Il est anormal qu’un artiste soit obligé de boucher les trous avec le produit de ses concerts ou de trouver des subterfuges pour pallier au manque à gagner, quand il ne s’agit pas de perdre de l’argent, faute de ventes ! C’est comme si on vous disait demain « désormais, eu égard à la crise, vous allez travailler le double pour le même salaire ! »
Doit-on considérer qu’il s’agisse d’une fatalité et que, comme certains « experts » le prétendent, nous n’y pouvons rien car les « pirates » trouveront toujours un moyen pour contourner toutes les dispositions ? Bien-sûr que non ! Qui veut la fin justifie les moyens et il n’est pas si compliqué de savoir qui se connecte sur tel ou tel site de téléchargement. La suite n’est que pure volonté politique.
Les dispositions votées à l’assemblée hier soir sont un pas de géant dans un contexte où l’on restait au point mort. Mais ce n’est pas suffisant. Certains rebelles continueront à le faire en se disant qu’il sera toujours temps d’agir en fonction des premiers avertissements, à moins que les contrôles d’accès deviennent systématiques et que les sanctions tombent immédiatement. Sans être un expert en internet, je suis persuadé que les moyens techniques existent pour lutter efficacement contre le téléchargement illégal.
Doit-on continuer à voler la musique, le cinéma et demain les livres, les magazines, la télévision… ? Et qui financera leurs créations ?
Oui à la liberté du téléchargement, à condition qu’il soit encadré, structuré, réglementé et que cela profite aux créateurs des œuvres, de toutes natures.
Fabrice
Bonjour Yves,
Oui,il faut un code de la route de l’internet avec un panneau » STOP » à de nombreux coins du web !
Gardez confiance,une prise de conscience est en train de poindre…
Amitiés.
Annick.
Moi, je suis pour l’achat des vrais disques, des vrais livres, des vrais DVD.
Les contenants sont souvent de vraies oeuvres d’art à part entrière, que l’on peut admirer avant même d’en découvrir le contenu.
Ah la magie d’un très joli livret accompagnant un CD. Découvrir les photos qui ont soigneusement été sélectionnées et qui en disent long sur la sensibilité de l’artiste !
Que dire de l’émotion à caresser la couverture et les pages d’un livre !
Bien sûr, je ne peux ignorer l’aspect budget.
Mais tout se paie…la beauté, la culture et le divertissement ont aussi un prix et c’est normal. Si l’on veut que les artistes produisent, il faut bien qu’ils vivent et si l’on veut qu’ils soient distribués, il fait bien que toute la chaîne se rémunère. Evidemment, si les circuits étaient plus courts et plus intègres, le produit final serait plus abordable ! Mais je ne suis pas économiste…
Aujourd’hui, jour des Rameaux et de la Sainte Irène, je vous envoie mon petit cadeau gratuit http://emmacollages.over-blog.com/photo-1230819-N-61-Le-cadeau_jpg.html
Bien à vous,
Emma
Bonsoir Yves,
Il est tout-à-fait normal de protéger la création artistique, pour les ados et des adultes ça devient un « sport » de télécharger gratuitement et illégalement des musiques, des films… mon époux et moi-même avons expliqué à nos enfants et avons interdit cette pratique, le dialogue , la connaissance et la prise de conscience peuvent aussi aider ! J’ai confiance, ça va changer.
Je suivais depuis plusieurs semaines la sortie de cette loi – elle a le mérite d’exister mais elle sera difficile à appliquer car couper Internet revient en certains endroits à couper le telephone et certains, comme les mèdecins, juges avocats et autres auront des dérogations pour raisons professionnelles. Ce qui revient encore à éviter les peines pour les plus fortunés et à sanctionner les autres…
Ceci étant dit, je suis totalement POUR que l’on se décide ENFIN à protéger les droits des AUTEURS… Comme l’écrivent YVES et FABRICE certains pensent que tout est permis sur la toile -or le piratage est un VOL, un VIOL même, quand un auteur a mis en mot ce qu’il a vécu, ce qu’il ressent !
Julia nous dit qu’un CD est cher, qu’un livre coûte 2Oe etc peut-être mais chacun, si ses moyens sont réduits est libre de faire des choix ! je connais une jeune femme de 3O ans qui choisit deux paquets de cigarettes par jour (je ne peux vous dire le prix, je ne le connais pas …) La beauté, la pureté, la valeur humaine, la douceur de la musique, des mots de santal pour adoucir nos peines…. TOUT s’envole en fumée et comme cette personne m’est très proche cela me rend malade… de colère ! Bien sûr, elle est majeure et fait ce qu’elle veut mais on a le droit d’ouvrir la bouche et de dire que l’on n’est pas d’accord!!! la permissivité est dangereuse pour la société ! Comme dans tout, comme l’écrit YVES, il faut un CODE …
Quand le CD est apparu nous avons eu peur de perdre le contenu de nos cassettes audio – vous vous rendez compte FERRAT, BRASSENS, LAMA, BACHELET, Fabienne THIBAULT et tous les albums de DUTEIL…et d’autres dont nous avions acheté toutes les compositions – puis il y eut les enregistreurs avant même je crois la réédition des anciens succès puisque les artistes songeaient non pas à préserver leur passé mais continuaient eux à CREER… Ce sont les maisons de disques qui se sont enrichies sur leur dos en refaisant des éditions CD ..
YVES et NOELLE ont eu un courage EXTRAORDINAIRE en créant leur propre label et j’ai jeté les CD qui avaient été enregistrés à partir des cassettes RIEN A VOIR avec le son magnifique de l’anthologie achetée en décembre par moi seule, mon cadeau (j’avais le choix entre un ou deux bouquins et l’anthologie, j’ai hésité car la lecture est mon passe temps favori avant la musique et oui… mais j’avais des bouquins d’avance, donc ce fut l’anthologie) Ah au fait Julia il y a les pocket, les poches, les sites qui vendent des livres très récents à prix discount…
Je n’ai pas encore commandé le DVD car j’attends la Fete des Mères (je suis têtue !…un aveu, je l’ai commandé à la FNAC de peur qu’il n’y en ait plus d’ici mai, je me le ferai enveloppé et remboursé pour l’occasion) cela fera la troisième année que j’aurai un cadeau DUTEIL et mes enfants verront que je ne ZAPPE pas
YVES a raison de parler du mal fait par la teleréalité. je n’ai pas compris que des Artistes participent à ces émissions et puis il faut bien reconnaitre qu’ils n’avaient que ce genre d’émissions pour parler de leurs nouveautés. En tout cas merci MONSIEUR DUTEIL de ne pas vous y etre infiltré, les étoiles filantes sont dans le firmament et ces jeunes qui y croient ne sont que des météores qui vont se perdre dans l’infini de la médiocrité.
J
Bonjour,
Le téléchargement est un réel problème pour les artistes.
Cependant, je trouve un peu facile de critiquer ouvertement les « téléchargeurs » alors que bon nombre de site de téléchargements sont accessibles en 2 clics.
Ne serait-ce pas plus facile d’interdire aux web masters de créer ce genre de site plutôt que de s’en prendre aux internautes.
J’avoue que la gratuité, le choix et la rapidité de ces téléchargements sont des facteurs INDENIABLES de facilité – quitte à léser l’artiste – et j’en suis tout à fait conscient.
Le jour où je n’aurais plus la possibilité de télécharger, je ne m’en plaindrai pas et je retournerai chez mon disquaire (si il est ouvert jour et nuit, et me trouve dans la seconde la chanson demandée) avec un grand sourire…
Pourquoi construire des voitures qui peuvent rouler à plus de 220 km/h alors qu’il est interdit de dépasser le 130?
Si on nous donne la possibilité de frauder, je me demande qui il faut critiquer…
Je vous embrasse…
Laurent
Bonsoir à tous,
Vous aimez le piano ?
Vous allez être servis !!!
Pierre-Yves Plat excelle dans la virtuosité en revisitant certains classiques du grand piano avec une grande originalité, alliée parfois à la fantaisie. Vous serez stupéfaits par son « Tea for too » , son Chopin version jazz, tango ou rock, sa danse Hongroise de Brahms, Bach en salsa, Beethoven remixé ou en version disco et bien d’autres !
Vous verrez, le trait commun avec Yves Duteil, c’est que l’on ne s’en lasse pas…
Avec l’aimable autorisation de Pierre-Yves Plat :
http://www.pierreyvesplat.com/quelques-extraits-a-ecouter/
Fabrice
Chers YVES et NOELLE, Chers amis du blog,
J’ajoute un paragraphe à mon long message d’hier qui est parti à cause d’une maladresse de ma part. Il faudrait parfois reprendre le bon vieux stylo et le papier… si la poste était fiable ! Aujourd’hui j’ai appris que la LOI contre le téléchargement protégeait les auteurs en empêchant certains sites de mettre en ligne les textes des chansons… C’EST TRES BIEN – YVES et les autres vont pouvoir (je l’espère) percevoir des droits sur leurs écritures. Tous les livres sont protégés par le copyright, on avance pour nos poètes et compositeurs (cf un article du Monde d’aujourd’hui)
Je vous souhaite une bonne soirée à TOUS et TOUTES – A Bientôt
Petite réponse :
Merci Roseline
Une précision qui conforte votre sentiment : Je ne lutte pas contre la gratuité de mes textes sur internet : tous les textes de mes chansons sont accessibles et imprimables gratuitement sur notre Blog… Je m’insurge simplement contre ceux qui disposent de la propriété d’autrui pour s’en servir à des fins commerciales (mettre des pubs entre les pages d’un site gratuit rapporte de l’argent au créateur du site) sans l’accord de l’auteur et sans lui en faire la demande au préalable. Je revendique le droit de mettre à la disposition des internautes mes textes et mes chansons si je le souhaite. Mais je ne laisse à personne le droit d’en décider sans mon accord… C’est la base de la propriété intellectuelle et du Droit moral de l’auteur sur ses oeuvres…
Voilà,
Grosses bises
Yves
Bonjour,
ça m’est arrivé de télécharger mais souvent pour découvrir un artiste ou un nouvel album dont je ne suis pas sûr, mais on a vraiment moins envie de les écouter ces titres téléchargés, pas le boitier on sait pas qui a fait quoi et où c’est fait.
J’ai halluciné à la mort de Bashung d’entendre une grande fan à lui qui disait que ce qu’elle préférait chez lui, c’était son écriture, quelle ignorance…
Mano Solo a fait un message à ceux qui sont inscrit sur son site à ce sujet, il disait que malgré tout les maisons de disques s’en mettaient plein les poches, parce que c’est elles qui fournissent le matériel pour la copie, son texte était bien intéressant et corrosif, du grand Mano…
Par conte je trouve que les cd sont un peu cher et ça freine les achats, autour de 10e je pense que ça se vendrait beaucoup mieux.
J’en ai une belle collèc’.
Capdevielle avait mis au dos d’un de ces disques au temps des cassettes : ‘la copie tue l’original’.
Que la musique vive, moi c’est ma passion comme d’autres le foot…
Amitié, Philippe.
Amis du blog bonjour…
AHURISSANT – N’IMPORTE QUOI – Les députés UMP n’étaient pas assez nombreux pour TRAVAILLER cet après midi à l’Assemblée – Résultat la loi HADOPI est rejetée !!!!!
S’il s’était agi d’argent à mettre dans la poche de quelques patrons, ils auraient été là mais cela est de la DEMAGOGIE (chanson de notre ami) alors j’arrête et je vais prendre un bouquin !
MAIS JE REVIENDRAI – Vous n’êtes pas seul YVES et NOELLE, il y a Thomas DUTRONC bien engagé sur ce dossier et d’autres dont on n’entend pas parler….
A BIENTOT…..
Bonjour, je viens de voir que l’on parle d’yves Duteil sur la page suivante, à propos du vote de la loi Hadopi
http://vidberg.blog.lemonde.fr/
bonjours Yves, je suis parfaitement d’accord avec vous il faut arréter de raconter n’importe quoi et n’importe quoi, aujourd’hui avec internet tous et si simple un clic et une fenétre s’ouvre de téléchargemet, mais pense ton aux artistes qui ont tant travaillés sur leurs oeuvres il est vrai que certains artistes n’ont plus forcément besoin de cela (Sardou, Pagny…),mais il ya tant d’autre qui en ont besoin, j’ai vu des artistes baisser les bras fautes de moyens, pour continuer a créer car il s’agit bien de cela qu’il est question , la culture est en danger ont parles, pense t’on aux artistes car sans moyens il n’y a plus de culture partager.
alors voilà, j ne suis qu’un ouvrier qui gagne 1100 euros par mois mais je ne fais pas n’importe quoi un exemple je suis inscrit sur musicme qui coute 15 euros par mois et cela permet d’écouter des milliers de disque toute la journée il existe des alternative la preuve.
mille merci de nous faire voyager depuis tant d’année, j’ai grandis avec TES chanson je me permet de te tutoyer car finalement tu fais partie de notre histoire et peux importe que l’on te vois souvent sur les télévision plus intéresser part des GRANDS ARTISTES de la star’ac, de la nouvelle star qui se prennent pour des artistes de renom alors qu’ils n’ont pas fini leur croissance artistique.
mille merci encore Yves pour ce beau concert donné à Auchel.
cordialement.
Chère Noëlle, Cher Yves,
J’ai horreur des blogs…Mais je suis persuadée que cette loi passera. Moi, petit, micro grain de sable, je serais toujours là pour acheter vos petits trésors, et, si je devais partir sur une petite étoile – mais il n’en est pas question, je suis une battante – mon époux, et, tous mes Amis prendront la relève; donc pas de soucis…Un peu naîl, mais le rêve fait vivre! Je me permets, de vous faire un courrier, à vous DEUX.
J’en ai déjà trop dit; donc je vous quitte, mais pas avant de vous avoir dit TOUTE mon affection.
DANIELLE
BONJOUR A TOUS,
Merci BENGI de nous avoir envoyé un lien où l’on parle d’YVES – Naturellement j’ai cliqué et j’ai constaté que le dessin (par ailleurs représentant ce qui a dû se passer le jour du vote de la loi contre le téléchargement avec invention des divers prétextes donnés par nos députés) ce dessin donc présente encore NOTRE CHER AMI avec dérision et le ringardise – je vais envoyer un mail à l’auteur qui n’a sans doute pas voulu mal faire, mais j’invite TOUS CEUX qui par un hasard de clic se sont retrouvés devant ce dessin et peut-être par hasard ICI de cliquer sur DISCOGRAPHIE et sur un disque d’YVES (SANS ATTENDRE n’est pas l’oeuvre d’un pauvre bougre….) ECOUTEZ et ECRIVEZ NOUS sur ce blog et d’abord à YVES et sa FIDELE NOELLE !!! YVES ET NOELLE ont un coeur immensément large et ouvert à tous les nouveaux DUTEILLOPHILES, joignez-vous à nous ou donnez vos critiques, qui peuvent toujours servir !
YVES a pris position le plus discrètement possible – Thomas DUTRONC s’est exposé, sa mère Françoise HARDY s’est exprimée le lendemain (cf NOUVEL.OBS je crois) il y en aura d’autres… A tous les jeunes qui admirent comme moi (58 ans) GRAND CORPS MALADE ou ABD AL MALIK je vous en prie réfléchissez à tous ces textes sublimes qui sont copiés, utilisés, dont des mots ou phrases entières ne mentionnent pas l’auteur qui devrait POUVOIR VIVRE de ce qui sort de sa tête, son coeur, SES TRIPES comme vous dites…
Un petit mot sur le journal LE MONDE dont j’ai souvent signalé un article – j’ai 58 ans issue de milieu ouvrier et une culture qui, comme on disait autrefois, « reste quand on a tout oublié des programmes scolaires » – donc moi les pages culture du MONDE je les lis en travers seulement pour les infos et notamment sur les avancées d’internet pour le reste je n’y comprends pas grand chose- quand il y a un article sur MONET ou VAN GOGH j’ai l’impression qu’ils parlent une autre langue (Bonsoir THIERRY avez-vous toujours le pont des NYMPHYEAS sur votre écran;;;)
Fabrice, j’écris à VAR MATIN pour qu’ils mettent dans leur NEWS le concert d’YVES la semaine prochaine, mais je n’ai pas votre facilité pour persuader – un jour, il faudra former un groupe réparti ici et là pour faire savoir, près de chez nous, l’actualité d’YVES et vous l’avez très bien fait pour la FNAC 77. MERCI
MARIE je ne vous oublie pas, c’est un WEEK END de FETE et votre coeur de maman est en souffrance, je vous est dans mon coeur, que ma prière soit suffisamment forte pour vous apporter qelques secondes de douceurs amicales.
A TOUS sans exception BON WEEK END de PAQUES avec beaucoup de sérénité et que le printemps (pluvieux sur le VAR) vous aide TOUS et TOUTES
ROSELYNE – TOULON
Merci Roselyne…
Un petit mot pour nuancer votre impression sur ce dessin humoristique du « Monde » illustrant le « loupé » de la Loi Création et Internet : je n’ai pas eu le sentiment que ce dessin me « ringardisait », et pour une fois, c’est moi qui vais prendre la défense de l’auteur ! J’ai plutôt ressenti qu’il associait mon nom à la valeur artistique d’un répertoire, et comme un signe de retour vers la lumière… En tous cas je ne l’ai pas mal pris.
J’irai même un peu plus loin, je crois qu’il est temps de rayer ce terme de notre répertoire, nous courons le risque de le pérenniser au lieu de laisser tomber dans les oubliettes de l’Histoire…
Je vous embrasse
En toute amitié ainsi qu’à tous,
Yves
Cher Yves, Chers tous,
Je partage avec vous le respect que nous devons à l’artiste.Yves, j’ai la plus grande admiration pour toi, ton talent et tes œuvres.La propriété artistique doit être reconnue, protégée, réglementée.On doit ralentir et stopper l’espèce d’anarchie qui règne sur internet et qui atteint de plein fouet les artistes.
Les lois sont souvent généralistes mais là il y a des cas particuliers qui m’interpellent.Je ne parle pas de l’adulte « majeur et responsable » qu’Internet est venu bousculé « sur le tard » et qui l’utilise comme on prend le bus, en sachant qu’il est normal et naturel de payer sa place pour faire le voyage.Celui qui ne le fait pas peut être traité de voleur, de bandit, lorsqu’il s’approprie le bien d’autrui sans autorisation, sans payer.De la même façon que l’on vole des marchandises dans un magasin; pour ceux-là, la loi doit exister, doit permettre de punir.
Non, je souhaite mettre en avant la génération des ados, collégiens et lycéens qui sont quasiment nés avec internet.Pour une grande majorité, ils n’ont reçu aucune éducation, et se sont formés sur le tas, en apprenant seuls, les chemins, les détours, les pièges, et y ont trouvé un lieu convivial d’échange, de rencontre, de découverte, de liberté.Ils vivent leur « mai 68″, cette révolution là est non violente, remplie d’humanité et elle risque d’être permanente.
Je vous livre les réflexions de ma fille (15 ans) avec qui je discutais de ce sujet : « la musique, c’est pour nous les jeunes, comme notre oxygène, elle nous entoure, on vit avec, on fait le tri, elle s’arrête puis elle passe son chemin, on la partage, … ». Dans son discours aucune notion de propriété, de valeur marchande.Ce fut un coup dur, toute une forme d’éducation, de dialogue, zappé.Comme si Internet avait été une porte ouverte, sans portier, sans « code de la route ».
Mais n’ont-ils pas droit à cette liberté ??
Que l’on mette dans le même sac une œuvre musicale et un paquet de lessive, n’est-ce pas un peu dérangeant ?
La meilleure idée de ces dernières semaines a été pour moi, l’entrée gratuite des musées (nationaux) aux moins de 26 ans- entrer, sortir, à sa guise et les premiers échos sont complètement positifs.C’est là un véritable investissement dont le retour se fera automatiquement plus tard lorsque ces jeunes grandiront.
Bien sur qu’il faut trouver un juste équilibre, un échange équitable, que tout le monde s’y retrouve, que les artistes ne soient pas les laissés pour compte, qu’il faut responsabiliser et expliquer à nos jeunes qu’ils n’ont pas que des droits, mais le train est en route et ils sont bien dedans, on les a laissé monter sans leur demander de titre de transport.
Nous sommes attachés au CD, ils sont dans la musique dématérialisée qui voyage en liberté.
Pour conclure, je re-précise que je fais bien parti de ces adultes « majeurs et responsables » dont je parlais au début mais cette responsabilité me pousse à me poser toutes ces questions (sans en avoir les réponses), à m’inquiéter et réfléchir sur l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants dans un monde où tout est toujours à imaginer, à inventer.
Désolé, en me relisant je constate que c’est un peu fouillis, peut-être un peu provocant mais c’est pas du tout le but, il y a tellement à dire…
Avec toute mon amitié, Yves, toujours, et à chacun et chacune;
Daniel
Petite réponse :
Oui Daniel je comprends, « Mais n’ont-ils pas droit à cette liberté ??
Que l’on mette dans le même sac une œuvre musicale et un paquet de lessive, n’est-ce pas un peu dérangeant ? »
Justement, je finis par me demander si dans le cadre du « téléchargement sauvage » il ne vaudrait pas mieux pour nous être considérés au même niveau qu’un paquet de lessive, dont, au fond, on ne discute pas la valeur marchande ! Nous sommes ( pour certains) moins que ça. Et c’est ce qui dérange. Quant au droit à la liberté, il est aussi respectable du côté des créateurs que de celui des usagers. Il y a une notion qui résume bien ce que je ressens : l’Art est un travail. Dès lors, il doit être regardé comme tel, et répondre aux mêmes critères professionnels. L’habitude qui a été prise répond aux lois de la jungle, à une mise devant le fait accompli…
Une dernière chose, la musique n’est pas dématérialisée. C’est un leurre, une idée bien construite qui vise à faire oublier le « matériel » qui s’attache à cette « dématérialisation » : l’ordi, la souris, le lecteur mp3, l’accès internet, l’écran plat, le disque dur… qui eux, s’achètent, et très cher. Avant, il suffisait d’un teppaz et le tour était joué ! La solution, c’est peut-être le streaming : on écoute à volonté et gratuitement mais le site d’écoute verse des droits d’auteur et des redevances, exactement comme le fait une radio, qui programme, diffuse, et déclare à la SACEM ses diffusions.
En toute grande amitié
Yves
Bonjour,
J’ai appris qu’Yves participait au festival de la chanson française d’Amstelveen (Hollande)
qui organise un vote pour élire les meilleures chansons françaises.
Les chansons sont répertoriées en 2 périodes « Tot 1980 » et « Vanaf 1980 »
Dans chacune des deux périodes, deux listes ont été établies , l’une par le Festival, l’autre par le public.
Pour apporter votre soutien à Yves et voter pour lui jusqu’au 17 avril inclus il faut aller sur le lien
http://www.franszelfsprekend.nl
Il faut choisir 3 chansons au minimum dans chacune de ces périodes et les noter obligatoirement 10 points ou 9 points ou 8 points. Une seule note doit être donnée par chanson.
Le 1ER rond en partant de gauche = 10 points , le 2ème rond = 9 points , le 3ème rond = 8 points
Pour accéder au vote :
clic sur : Klik hier en breng uw stem uit! (ça clignote)
Op de Franstalige
Top 50
La 2ème page s’affiche
Avant de voter je vous conseille de consulter le classement pour voter utile
Pour voir les classements sur la page 2 il faut que vous cliquiez sur : bekijk tussenstand (cela se trouve sous la ligne : oui j’écoute la musique)
Cliquez sur : klik hier voor de top 50 uit de nummers tot 1980 (vous y trouverez le classement de prendre un enfant et la langue de chez nous)
Cliquez sur klik hier voor de top 50 uit de nummers vanaf 1980( vous y trouverez le classement et le nombre de points de La Langue de chez nous )
Pour pouvoir accéder au vote il faut rester sur cette même page et cliquer sur overzicht (cela se trouve sous la ligne : oui j’écoute la musique) puis cliquer sur
Tot 1980 (au bas de la page)
choisir 3 titres dans les 2 listes (Basislijst et Toegevoegd door het publiek)
Yves se trouve dans la Basislijst (Prendre un Enfant), et Mélancolie dans la liste :
Toegevoegd door het publiek
Lorsque vous cliquez sur Controler uw stem (à la fin de la 2ème liste) vous pouvez vérifier ce que vous avez saisi.
Si votre vote n’est pas correct il est possible de revenir en arrière pour corriger
Si votre vote est correct affichage de
Uw stem is goedgekeurd en kan worden verwerkt (votre vote est approuvé et peut être traité)
Il faut alors cliquer sur ‘’voer uw stem in” pour valider votre vote
Le vote de la période TOT 1980 étant terminé , il vous reste à voter pour la période VANAF 1980
Afin de permettre à ‘’la Langue de Chez nous’’ d’être très bien classée.
Cliquer sur VANAF 1980 (au bas de la page 2)
choisir 3 titres dans les 2 listes (Basislijst et Toegevoegd door het publiek)
La langue de chez nous se trouve dans la liste Toegevoegd door het publiek)
Faire comme pour le vote précédent (TOT 1980).
Cela paraît compliqué, mais je vous invite à imprimer ces explications afin de les avoir sous les yeux lorsque vous voterez.
Vous ne pouvez voter qu’une seule fois depuis votre ordinateur, demandez donc à vos proches qui apprécient Yves de voter aussi..
Amicalement
Juliette
Tout d’abord : je ne télécharge quasiment rien. C’est quelquefois bien pratique avant d’acheter car il m’est arrivé de n’aimer qu’un seul titre ou de renoncer à acheter un cd car je n’aimais pas. Ceci étant dit, nous payons un accès à internet. Dans une grande surface, vous payez un produit, pas l’accès au magasin. Partout où nous payons quelque chose, nous aimons en avoir pour notre argent.
De plus, personne ne s’offusque des milliers de lettres (dont celle-ci…) qui sont envoyées sans timbre, donc sans faire fonctionner la poste qui a, elle aussi, un grand manque à gagner (e-cartes en tous genres, emails, etc).
En achetant un ordinateur, on nous fournit un graveur cd, graveur dvd, des cd vierges, fabriqués par un grand nom qui a aussi une maison de disques, donc qui se sert partout au passage. Et c’est au pauvre utilisateur lambda qu’on reproche d’utiliser les outils et les accès qu’il a payés ???
Quand les artistes gagnaient des sommes indécentes, je ne les ai pas entendus demander que les parlementaires votent un plafond de salaire à ne pas dépasser. Par contre, ils auraient bien aimé qu’un pourcentage inférieur d’impôt leur soit octroyé.
Au temps des vaches grasses, il ne m’intéresse pas de savoir combien vous avez gagné. Maintenant il convient peut-être d’être imaginatif et de trouver des solutions non-répressives. Il me semble que des jeunes artistes ont un succès rémunérateur, donc ça semble encore possible de vivre correctement sa vie de chanteur malgré les soi-disant téléchargements qui tuent la création ?
Petit commentaire…
Si vous payez un accès pour internet, n’oubliez pas que ces sommes ne vont jamais à la musique alors que celle-ci est devenue le produit d’appel des fournisseurs d’accès …sans l’accord des créateurs. Le matériel lié à la pratique du téléchargement (ordi, graveur, etc…) , acquis à grands frais, qui vous donnent le moyen de graver la musique, ne consacrent aucune part de leurs bénéfices colossaux à cette dernière. Quand vous évoquez les sommes indécentes gagnées par « les » artistes, de quels artistes parlez-vous ? Des quelques « Yacht people » qui tiennent de haut des média ?… ou des 99% autres qui ne survivent pas de leur métier ? Vous évoquez les « soi-disants téléchargements »… 2 milliards de titres dans l’année. Une bagatelle en effet. Connaissez-vous les difficultés qu’éprouvent les artistes à produire, engager des investissements importants (studio, musiciens, arrangeurs…) sans aucune certitude que ce ne sera pas à fonds perdus, quand il faudra engager des dépenses de communication pour se faire connaître sans aucune certitude d’y parvenir. L’art est un travail, comme le vôtre (je suppose) et mérite que l’échange soit un espoir, au bout de l’effort qui consiste à mettre son coeur sur la table pour l’offrir en partage. Votre regard sur notre métier le réduit à une caricature où aucun de nous, artistes, ne se reconnaît. Amitiés
Yves
J’ai lu avec intérêt votre billet sur hadopi. Je suis convaincu que rien, la musique et les films compris, n’est gratuit et que les artistes ont pleinement droit de vivre de leur création. Donc je n’aborderai même pas ce qui concerne le téléchargement ou la copie illégale. Comme son nom le dit clairement c’est illégal. Par contre, techniquement, il sera facile de contourner les mesures de contrôles hadopi et, pire, de faire accuser d’autres. Cela s’appelle l’injection IP. Ce n’est pas ici un blog technique, donc je n’entrerai pas dans plus de détails. Mais c’est bien sur ce point précis que je trouve la loi liberticide. On peut facilement se retrouver accusé sans avoir aucun moyen de se défendre alors que l’on n’a rien fait.
De mon avis, il faut bien trouver un moyen de protéger les droits d’auteur, mais cette loi n’est pas adaptée. De plus il faudra bien revoir le circuit de vente. On a bien vu que les DRM n’étaient pas adaptés et ne constituaient au final que des contraintes pour les clients des offres légales. La réponse appropriée n’est donc pas simple.
Pour finir, je vous remercie. J’ai eue l’occasion de vous voir sur scène, il y a déjà quelques années et je m’en souviens encore.
Petite réponse…
Merci pour ces précisions. Vos remarques sont pertinentes. Mais je dirai qu’une loi est toujours imparfaite au départ, à sa naissance. C’est la jurisprudence qui l’adaptera au fil des actions en justice qui ne manqueront pas d’être intentés contre elle, en cas de substitution de propriétaire IP, par exemple, ou de cas limites de téléchargements peu nombreux, ou encore d’nternautes utilisant le wi-fi de quelqu’un d’autre, etc… La coupure EDF, beaucoup plus dangereuse encore en cas d’urgence, de surendettement, a ainsi été modulée après son institution en cas de non-paiement de facture, pour ne pas pénaliser les plus démunis. L’accès internet pose aussi le problème des emails, de la TV par internet, de la téléphonie, pour ne pas tout couper en même temps. Je fais confiance aux hyper-techniciens du web pour inventer les solutions techniques aux pièges que vous évoquez. mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et rater cette chance unique de poser sur l’internet les bases légales de la propriété intellectuelle.
Bien amicalement
Yves
Bonjour,
Je voulais juste vous dire 5 choses :
1 : Je vous admire. Le mot est faible.
2 : Ceux qui télécharge illégalement achètent beaucoup plus de musique en ligne que les autres.
3 : Ceux qui télécharge illégalement achètent beaucoup plus de CD que les autres.
4 : Je conçois tout à fait que l’artiste tienne à rester maitre de la diffusion de son œuvre qui doit rester sa propriété.
5 : Je vous admire. Le mot est faible mais j’en trouve vraiment pas d’autres.
Bonne journée
Fab.
PS : Ces affirmations sont les conclusions d’une enquête réalisé en Norvège. D’ailleurs, si des enquêtes montraient l’inverse, Mme la Ministre nous en aurait, à coup sûr, fait part.
Bonjour à tous,
je viens de télécharger 20 titres de Johnny Hallyday chantés en italien et j’en suis très content, parce que ça a pour moi une valeur inestimable. Est-ce que j’ai volé quelque chose ? Je pense que non, étant donné que ces chansons de Johnny (comme déjà dit chantées en italien, donc valable seulement pour un public italien) sont désormais hors catalogue depuis longtemps, en conséquence introuvables.
Entre le blanc et le noir, il y a aussi le gris.
Amitiés
bonjour M et Mme duteil
je prends connaisance pour la première fois de votre blog et de toutes ses explications concernant le téléchargement. j’avoue être de la génération de ses parents qui ont pris le train de « l’autoroute internet » par obligation , poussés par les enfants (je ne voulais pas être totalement une maman ringarde!) mais qui ont découvert petit à petit l’intérêt et le plaisir de cette outil (comme celui de pouvoir vous envoyer un mot; quel bonheur pour moi qui ai grandi dès l’age de 10 ans au son de vos chansons; sans oublier celles que mes profs nous apprenaient en cours de musique!
Bref, revenons à internet et le téléchargement.
je suis très perturbée par ce que vous dites, tous, des aspects positifs et négatifs du téléchargement. je ne savais pas télécharger, je l’ai « appris » via les sites internet!!! ( c’est en essayant qu’on apprend) c’est mal? peut être, mais je télécharge rarement et que des chansons d’auteurs que je ne connais pas afin de les découvrir ; puis, s’ils me plaisent, je vais acheter les cd , ou parfois je les trouve dans une médiathèque et alors je peux les graver (comme autrefois nous gravions nos k7 à partir d’un vinyl; ) cela aussi c’est interdit?? donc, il est vrai que les artistes doivent vivre de leur art, mais je n’irais jamais acheter un cd de quelqu’un que je ne connais pas!! alors le téléchargement peut avoir du bon pour « la découverte » non?.
mes enfants ne téléchargent pas; ils utilisent ce qu’ils appellent du streaming (?!)).
Nota par Y. Duteil : Le streaming est une pratique d’écoute « en direct » qui s’apparente à la diffusion radio, mais à la demande : Les sites de streaming sont en train de devenir légaux (Deezer) et ont conclu des accords avec la SACEM pour verser des droits d’auteurs)
chaque loi, chaque règle va entrainer des tentatives de contournement, mais souvent il s’agit d’une minorité; alors quoi faire?
il est certain que ceux qui rigolent de « nos » débats sur le « pour » et le « contre » du téléchargement sont ceux qui vendent le matériel pour le faire (cd, graveur, écran, ordi , site internet, livre d’explication (y’en a plein les biblio municipales!!) etc..) bref, ne faudrait-il pas TOUS mettre la main au portefeuille pour
que les artistes (jeune, vieux, connu et inconnus vivent,
que nous puissions tous acheter un cd à 10 euros (crise éco oblige désormais)
et que tout le monde puisse enfin s’y retrouver dans cette jungle ;les vielles générations comme celles qui arrivent ?
Le débat est loin d’etre (malheureusement) clos; il fera couler encore beaucoup d’encre, en espérant qu’il ne fera pas couler les meilleurs artistes.
en attendant je continuerai à lire toutes vos remarques pour me construire une opinion personnelle de ce sujet si difficile et complexe.
mes amitiés, M et Mme Duteil.
Merci Christine,
je suis heureux que ce débat vous conduise à observer pour forger votre opinion et à essayer de comprendre… Vous pouvez en découvrir davantage en lisant l’excellente intervention de Françoise Hardy sur le Blog du Nouvel Obs, dont voici le lien :
http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/chanson/20090428/12229/loi-hadopi-francoise-hardy-repond-a-vos-critiques-0#
CHER YVES et CHERE NOELLE,
Chers amis du blog,
Coucou me revoila!! Comme la plupart d’entre nous j’ai des problèmes familiaux dont la dégradation de l’état de ma maman qui a ALZHEIMER depuis neuf ans maintenant – elle franchit un palier (ceux qui connaissent cette maladie savent ce que c’est et après neuf ans de soins, cela devient difficile)
YVES vos chansons sont un baume pour mon coeur fatigué de voir le temps passer sur nous, nous dégrader aussi, nous, en même temps que la malade. YVES vos chansons sont un apaisement quand cela fait trop mal. YVES je pense à vous tous les jours, ceci est une déclaration d’amitié dont NOELLE inspiratrice de tant de beauté ne peut pas prendre ombrage! MERCI d’EXISTER!!!!
MERCI OUI D’ETRE LA, BIEN LA et je tiens à redire que je suis POUR la loi anti- teléchargement, je viens de lire le coup de gueule de FRANCOISE HARDY dont le fils cartonne actuellement avec un magnifique album que j’ai acheté chez Carrefour!!! Lisez FRANCOISE et voyez : il n’y a pas que l’auteur à rémunérer dans un disque, ou un DVD comme celui qu’YVES et NOELLE viennent de nous permettre d’acheter -le mien est sur une étagère en attente de la FETE des MERES … il y a des attentes qui sont douces !!! Quand aux magnifiques concerts d’YVES (j’ai eu l’immense chance d’assister à cinq d’entre eux en deux ans) personne ne peut dire que seul YVES en reçoit les dividendes, il y a les salles louées, les musiciens (fabuleux) qui l’accompagnent, les éclairagistes et tant d’autres « petits » frais dont les frais de déplacement… Au moins HADOPI aura fait couler beaucoup d’encre pas toujours inutile car les gens prennent conscience de « petits » détails qui leur échappaient…
MERCI d’être TOUS LA fidèles à YVES et NOELLE mais aussi à ce blog qui va bientot fêter ses deux ans et que je visite (si possible) chaque jour.
A BIENTOT – ROSELYNE de TOULON
Cher Yves,
je ne tiens pas à discuter de la légitimité du téléchargement ici car il s’agit d’un deuxième débat.
En revanche, il me semble que vous êtes assez mal informé sur certains points particuliers de cette loi qui permettent de la qualifier de « liberticide » en raison de certains points techniques rentrant dans la legislation. Et il y a à mon sens deux points vraiment dangereux.
Le premier point concerne tout le monde, et peut être vous aussi Yves si vous utilisez le wifi avec un PC : il s’agit de l’obligation de sécuriser son point d’accès à Internet, autrement dit son modem/routeur, ainsi que les ordinateurs qui y sont connectés. Je ne sais pas si vous vous y connaissez beaucoup en sécurité informatique, ou si vous connaissez la différence entre WEP, WPA et WPA2. Mais avec cette loi, même si vous n’avez fait aucun téléchargement, à partir du moment que votre accès ou de votre PC ont été utilisés pour le faire, vous êtes considéré par la loi HADOPI comme le responsable et donc comme le coupable.
Or, la réalité des fait montre qu’un nombre très important de français n’ont pas protégé leur réseau wifi, ou bien l’on protégé avec une clef WEP, ou bien n’ont pas d’anti-virus sur leur PC, ou bien n’ont pas de firewall. Tout ceci les rend vulnérables : leur connexion ou leur PC peut être facilement piraté par un tiers afin d’effectuer des téléchargements illégaux.
Or qui peut affirmer être à l’abris de tout virus, troyen et autre piratage ? J’ai beau être informaticien et avoir 10 ans d’expérience, je ne saurais l’affirmer.
Le deuxième point est qu’en cas de suspicion de téléchargement illégal, la charge de la preuve de son innocence reviendra à l’internaute. Comment faire ?… Il n’y a en réalité pas de solution, sauf peut être la suivante : installer sur son ordinateur ou sa box un programme espion. Est-ce qu’il y a une autre possibilité ? Non. Ce dispositif permet-il des dérives ? Je vous laisse juger.
Voilà en substance pourquoi, bien que je sois contre le téléchargement illégal, je suis contre la loi HADOPI. L’informatique est un domain complexe dont les technologies évoluent de façon constante. Cette loi prétend apposer un cadre afin de limiter certaines dérives liées à Internet. Le problème est qu’il s’agit ici de problèmes techniques qui, même avec toute la meilleur volonté du monde, sont à mon avis insolubles. La nature des réseaux IP est de ne pouvoir être contrôlés, contrairement à Transpac et au X25… si, si, vous connaissez, il s’agit du Minitel.
Le pire, c’est que cette loi ne sanctionnera pas les téléchargeurs. Car les technologies permettant de ne pas être détecté existent déjà.
Avec toute mon admiration pour vos chansons, vos idées, et vos engagements.
Amicalement,
Arnauld
Bonjour,
On peut dire, en effet, que la loi est nulle, mais….elle a l’énorme avantage d’ouvrir le débat et de sensibiliser les personnes aux problèmes des droits d’auteur.
C’est le moment, également, de rappeler leur devoir aux éditeurs de musique qui crient au vol. Si vous n’êtes pas représenté par un major, essayez d’obtenir l’autorisation de déposer un arrangement ou un texte sur une chanson. Ils ne vous répondent jamais. Où est le respect du créateur dans tout cela ? Peut-être devrait-on leur couper l’accès à internet…
Chers vous tous,
Je découvre toutes ces lettres sur le téléchargement illégal, et cela me laisse bien perplexe ! Je fais partie de ces adultes et parents responsables, qui ont pris le train en route, bien difficilement parfois… et qui demande de l’aide pour une manipulation informatique à ses enfants ! Eux sont presque nés avec, ils ont appris à l’école pour le principal, et découvert par eux-même pour le reste… Personnellement, je n’ai jamais téléchargé, je n’en ai même pas envie ! Je suis peut-être un peu ringarde, mais, comme pour les livres, j’aime avoir en ma possession l’album de l’artiste, le toucher, regarder le travail photographique réalisé. En général les CD sont très beaux, derrière, il y a des personnes qui ont travaillé. Ca se mérite et ça se paye. Je préfère en avoir moins car c’est un coût dans un budget familial, mais au moins, c’est du palpable ! C’est peut-être une idée un peu étrange, mais c’est la mienne et je la revendique.
Par contre, pour mes enfants qui sont de jeunes adultes, avec des petits budgets, comment ne pas resister au téléchargement illégal, puisque de toute façon, c’est facile, tous les potes le font. C’est une génération qui aime le changement, la facilité, on veut tout, tout de suite, sans attendre. Un jour on aime, le lendemain on n’aime plus, alors on efface et on enregistre autre chose !
J’attends parfois plusieurs semaines, ou plusieurs mois avant de m’acheter un CD, mais quel plaisir au bout du compte !
Je ne me suis toujours pas offert le DVD du spectacle d’Yves, mais quand je le pourrai…ce sera un vrai cadeau !
Il faudrait peut-être réapprendre la notion de plaisir…
Amicalement à vous tous.
Marie
Bonsoir,
Je voudrais juste introduire une distinction qui me semble importante : il y a d’un côté le problème, de l’autre des solutions.
Il y a d’une part la rémunération des artistes, des techniciens, et de tout ce qui permet de faire une chanson. Même les téléchargeurs (pour la plupart) ne contestent pas que cela a un prix et qu’il faut le payer.
Il y a d’autre part DES solutions pour lutter contre le téléchargement illégal. Ce n’est pas la même chose. HADOPI n’est pas la seule solution. Elle est même particulièrement mauvaise : elle ne traite pas tous les modes de piratage, elle confie aux maisons de disque (juges et partie) la responsabilité d’établir une liste de coupable (sans fournir de preuves), elle bafoue des principe de justice fondamentaux (charge de la preuve, peine prononcée sans passer par un juge, recours, etc.).
D’autres solutions sont à étudier : vous évoquez le streaming (pour l’instant payé par la publicité), la vente en ligne avec un catalogue fourni et une juste rémunération des artistes, une éducation des enfants, peut-être d’autres.
La vente de disques doit continuer, mais d’autres modes de diffusion vont se développer inexorablement.
Il fallait peut-être faire quelque chose dans l’urgence. Mais j’espère que cette loi n’est que temporaire et que nous ne nous approcherons pas plus d’un régime totalitaire.
Bonjour,
Je suis navré que l’on croit qu’ Hadopi a été faite à destination des artistes, car cette loi ne leur apportera strictement rien. Tout simplement car le budget des français n’est pas extensible et encore moins en cette période de crise.
Vous parliez M Duteil du mot « liberticide ». C’est le cas. Cette loi, dans sa première version opérait un renversement de la charge de la preuve (du jamais vu dans notre système pénal) et à aucun moyen l’Internet incriminé ne pouvait faire valoir ses droits. La seule solution pour lui était d’installer un logiciel mouchard qui envoyait en temps réél tout ce que l’internaute fait sur son ordinateur. Vous parliez de code de la route : imaginons que demain on vous décrete responsable de votre véhicule. Si on vous le vole et qu’il sert à un cambriolage, vous perdez le droit de vous en servir pendant un an, vous devrez payer des dommages et intérêts aux personnages ayant subi le préjudice et vous n’aurez à aucun moment la possibilité de prouver votre innocence puisque vous n’aurez pas installé caméra / micro dans votre véhicule. C’était ça Hadopi dans sa première mouture.
Beaumarchais a initié le droit d’auteur, le peuple français a initié la liberté d’expression et Internet en est une composante, comme l’a souligné le conseil constitutionnel.
Et maintenant, nous pouvons tous, à n’importe quel moment, être frappés d’une amende de 1.500 € si les autorités ne peuvent prouver avec exactitude que nous sommes l’auteur d’un téléchargement, et de 3.750 € + dommages et intérets + suspension par le biais d’une ordonnance pénale, procédure d’exception se déroulant sans le prévenu ni son avocat, et en cas de contestation, c’est l’audience à juge unique.
Je ne crois pas qu’un jeune qui vole un CD dans un magasin soit puni d’une telle manière.
La liberté de créér de certains est elle à ce prix pour l’ensemble de la population? N’est ce pas là la porte ouverte à une dérive ultra sécuritaire?
Le fait de ne pas savoir comment endiguer la crise du CD n’autorise en rien de pouvoir faire n’importe quoi sachant de surcroit que de multiples études ont tendance à prouver que le téléchargement n’est pas une des causes de la crise du disque.
Sachant qu’il est possible depuis longtemps de pouvoir punir un téléchargeur et les peines sont déjà très lourdes.
Je suis navré, mais cette loi ne vous apportera rien, car les mêmes qui vous soutiennent ici dans ce combat, le jour où eux même seront frappés par la « justice » aveugle, n’oublieront pas que vous vous êtes associés à ce projet.
En réponse…
Je suis navré de devoir vous dire que la législation est la même pour les infractions au code de la route : vous êtes flashé, vous recevez l’avis, vous pouvez contester mais vous payez d’abord l’amende, et si l’autorité refuse votre contestation, vous pouvez être convoqué au tribunal, pour vous défendre. Si vous n’étiez pas le conducteur, la jurisprudence a créé la possibilité de le faire valoir et c’est imparable, vous êtes relaxé. Quant au fait de savoir si cette loi ne nous apporte rien, je pense qu’elle ramènera beaucoup d’internautes pas forcément enclins à se trouver en marge, vers les offres légales de téléchargement, ce qui constitue le seul objectif de cette mesure. Je ne considère pas les internautes comme des adversaires, mais comme un public. Et si la liberté du public, c’est d’entrer au théâtre par la fenêtre pour éviter de rencontrer la caissière, alors pourquoi accepte-t’on sans protester la présence de vigiles aux hypermarchés, de contrôleurs dans les trains ou l’installation de barrières aux péages d’autoroutes ? En revanche vous avez raison de souligner que le budget des français n’est pas extensible : comment pourraient-ils sinon supporter la dépense de tout l’équipement informatique (payant) nécessaire au téléchargement gratuit ?
En toute amitié
Yves.
Bonjour,
Je vous remercie de votre réponse et aimerai indiquer un point de détail : je suis évidemment d’accord avec le fait que le téléchargement est un délit et que la musique gratuite est une gageure. Ce sont les éléments de preuve invoqués par cette loi qui me gènent. J’aimerais juste rebondir sur deux points :
» Si vous n’étiez pas le conducteur, la jurisprudence a créé la possibilité de le faire valoir et c’est imparable, vous êtes relaxé. »
En théorie, oui je suis d’accord c’est facile. Maintenant, la plupart des connexion Internet tournent 24h/24 et on ne peut pas invoquer un alibi de type « j’étais chez le coiffeur » à cette heure là puisque contrairement à une voiture, un accès internet n’a pas besoin d’une personne physique derrière pour être piloté. Excepté par une perquisition, il est quasi-impossible de prouver avec certitude qu’une personne identifiée par une adresse IP est l’auteur du téléchargement. Or, l’emploi de la procédure simplifiée se dispense de toute enquête autre que les éléments relevés par l’Hadopi.
De plus il est illusoire d’imaginer « sécuriser » une connexion avec un logiciel informatique. Parce ce sont les « box » qui se connectent à Internet et non l’ordinateur. Les logiciels de sécurisation ne peuvent « fonctionner » qu’avec un ordinateur allumé.
La comparaison au code de la route ne peut tenir car la problématique technique n’est absolument pas comparable, les risques d’erreur très élevés et les possibilités de se défendre réduites à presque néant pour les personnes non initiées qui seront de facto les plus touchées par cette loi.
Je ne pointe pas du doigt la volonté, légitime, des artistes d’être rémunérés comme il se doit, mais les moyens proposés par cette loi.
Et également :
« En revanche vous avez raison de souligner que le budget des français n’est pas extensible : comment pourraient-ils sinon supporter la dépense de tout l’équipement informatique (payant) »
Je trouve le raccourci rapide et, veuillez m’excuser, osé : les ordinateurs ont fait partie intégrante de la vie de famille bien avant l’apparition du téléchargement. Ils sont même nettement moins chers aujourd’hui qu’à cette époque.
De plus le fait de pouvoir payer 1.500 € pour ne pas avoir installé une caméra/micro dans votre véhicule ne vous choque en rien?
En réponse :
Bon, nous pourrions polémiquer sans fin sur ces aspects technologiques et juridiques de cette loi, Nous savons qu’elle est -comme toute loi- imparfaite et que sa mise en oeuvre donnera lieu à des ajustements, des jurisprudences, pour coller à une réalité pour le moins complexe et mouvante. L’essentiel reste que cette disposition ne vise qu’à dissuader certains internautes de s’affranchir des règles de la propriété intellectuelle. L’esprit de la loi était au départ surtout pédagogique et tentait d’établir une règle du jeu, avec des avertissements gradués, mais c’est ce rejet violent de cette intention première qui a abouti au durcissement auquel on assiste aujourd’hui. Même dans cette configuration, si la démarche fonctionne, ce sera au bénéfice de tous ceux qui aiment la musique pour ce qu’elle est, un espace de vie partagé équitablement entre le public et les créateurs.
Bien amicalement
Yves
Je vous rassure tout de suite : ceci sera ma dernière intervention sur votre blog car je ne souhaite pas polémiquer ni vous offenser. Vous avez donné votre point de vue d’artiste et avait eu le courage de prendre position. Je donne mon point de vue d’expert diplômé en nouvelles technologies, vous m’en excuserez j’espère, et je vous souhaite de tout coeur par avance tout le succès que vous méritez.
Je ne puis vous laisser dire que cette loi était pédagogique. Son système d’avertissement aurait été utile s’il
Vous occultez le fait que dans sa première version l’hadopi opérait un renversement de la charge de la preuve, du jamais vu dans notre système juridique, sans compter qu’elle ne sanctionnait pas pour du téléchargement, mais pour non-sécurisation d’un accès internet (à savoir : non installation d’un mouchard). C’est la pédagogie du baton et aujourd’hui un professeur se ferait blamer pour une telle pratique.
Je ne connais pratiquement rien au monde artistique et je ne suis pas à meme de juger de son état. Tout ce que je peux affirmer c’est que cette loi n’était pas pédagogique et va couter très cher au contribuable. Le principe de « toute loi est imparfaite » est, excusez moi, une pirouette facile et, très honnetement, un moyen d’éviter toute discussion autour de ses zones d’ombre. Sachant qu’il aurait été plus efficace de mettre tous les acteurs dans la boucle des discussions, Experts technologie et consommateurs inclus.
J’accorde bien sur un immense crédit à votre opinion d’artiste reconnu sur le sujet et comprend très bien vos motivations. Je vous prierai juste d’en accorder un peu à mon opinion d’informaticien.
Bonjour.
J’ai lu attentivement votre réponse Yves, ainsi que les commentaires postés depuis, et je suis inquiet.
Hadopi risque de poser pas mal de soucis rien que par le fait que le repérage par adresse IP n’est pas fiable. De plus, comme il a été dit, cela n’apportera rien de plus aux artistes. Bref, cette loi parait très mal partie, on l’a déjà souvent écrit ici. Il reste donc à espérer deux choses (à mon avis)
1- Que, comme le dit Yves Duteil, des ajustements auront lieu et qu’on arrêtera cet enlisement.
2- Que l’offre légale soit diversifiée, attractive et rémunératrice pour les artistes. Et quand je lis certaines propositions comme retirer les films de l’offre VOD dès qu’ils ont été diffusés à la télé ça me parait mal barré. Que faire des grands classiques du cinéma ?
Je me suis intéressé à l’offre de téléchargements de MP3 (offre légale). C’est édifiant.
« Dans L’air Des Mots Anthologie 101 Chansons » (il ne me parait pas nécessaire de préciser de quel artiste il s’agit) se télécharge à 0,99€ le morceau sur le site de la FNAC ou 99€ pour l’album. En CD il est à un peu moins de 46€. Attractif ? C’est, à mon avis, un exemple parlant qui n’a pas besoin de plus de commentaire.
Si on doit parler de l’offre émergente des livres dont la version téléchargeable est plus chère que la version livre de poche (et avec un catalogue naissant et extrêmement limité) on comprend bien que l’offre légale ce n’est pas encore aujourd’hui qu’elle va attirer du monde.
Alors, entre une loi imparfaite et une offre légale encore moins bonne, je ne suis pas optimiste.
En réponse :
Merci Cédric pour votre contribution à ce débat intéressant. Nous sommes allés sur le site de Fnac.com et nous y avons constaté en effet qu’ils proposent le téléchargement du coffret « Anthologie dans l’air des mots » chanson par chanson, soit à 99 € (0,99€ par titre). C’est un non-sens. En revanche, sur iTunes, on peut télécharger la totalité du coffret pour 27,63 €. En effet, dans le souci de permettre aux consommateurs de trouver au meilleur prix la musique qu’ils recherchent, nous avons en tant que producteurs (Editions de l’Ecritoire), conclu avec la Société BELIEVE (téléchargement légal toutes plateformes) un accord dans ce sens. Mais ce coffret « Anthologie » est un projet « BAYARD MUSIQUE », sur lequel nous n’avons pas le contrôle de la distribution. C’est ainsi que fnac.com ne le propose ( en version intégrale) que chanson par chanson… Si l’on pouvait généraliser à la musique le système internet des comparateurs de prix, on pourrait espérer que la concurrence joue et que les prix de l’offre légale – des livres comme des disques – se rééquilibrent à la baisse pour éviter de tels accrocs sur la Toile…
Amitiés
Yves