Pour le plaisir de partager…
Le 19 février 2009 par Yves Duteil
Accordez-vous deux minutes… Nous avons reçu ce message par email, je ne résiste pas au plaisir de vous le faire partager :
Sujet de réflexion.
Le musicien de rue était debout dans l’entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington DC.
Il a commencé à jouer du violon… C’était un matin froid, en janvier dernier.
Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l’Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et à nouveau du Bach.
A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail.
Après trois minutes, un homme d’âge mûr a remarqué qu’un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s’est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant.
Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l’argent dans son petit pot.
Peu après, un quidam s’est appuyé sur le mur d’en face pour l’écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard.
Celui qui a marqué le plus d’attention fut un petit garçon de trois ans. Sa mère l’a tiré, pressé mais l’enfant s’est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l’a secoué et agrippé afin que l’enfant reprenne le pas. Mais en partant, il a gardé la tête tournée vers le musicien.
Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec d’autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger.
Durant les trois quarts d’heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l’écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l’argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars.
Personne ne l’a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n’a applaudi.
Sur plus de mille passants, seule une personne l’a reconnu.
Ce violoniste était Joshua Bell, actuellement un des meilleurs musiciens de la planète. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars.
Deux jours avant de jouer dans le métro, sa même prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.
C’est une expérience organisée par le « Washington Post » dans le cadre d’une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens.
Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l’apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?
Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d’autres choses passons-nous ?
Comment garder à disposition l’innocence de l’enfant ?
Pour voir la vidéo, cliquer ici.
Amitiés
















Le boulot c’est bien le boulot!!! Il faut absolument le garder.
Oui, les enfants sont innocents, mais il est aussi vrai qu’ils ne travaillent pas…
Cher Yves,
Je suis sûr que ce message, cette circonstance, te rappelle « quand tu jouais de la guitare par plaisir ou par désespoir ». Mais nous savons qu’avec toi les enfants n’auraient pas peur de s’approcher du beau. Je culpabilise beaucoup à ce sujet lorsqu’il m’arrive de croiser un musicien ou un chanteur de rue et cela me fait peur, car je ne peux pas m’empêcher de penser que tu es passé par là à tes débuts dans les cabarets. Ton destin était d’être l’homme et le chanteur que tu es aujourd’hui en ayant croisé des gens plus ou moins généreux qui venaient surtout pour manger. Les mots me manquent pour essayer de guérir ma culpabilité face à cette situation. Sur le même shema de « Si j’étais ton chemin », si nous marchions tous les deux dans les rues de Dijon, et nous croisions un musicien ou un chanteur de rue,que me dirais tu Yves ?
Je t’embrasse.
Nicolas
Très drôle cette expérience. Les choses sont ainsi cher Yves et tu es mieux placé que nous pour le savoir lorsque tu jouais de la guitare rue Dufour, rue Vaugirard ou avenue de l’Observatoire. Combien de gens sont passés près de toi sans même te voir ? Combien passerons ce soir au Val d’Europe en se disant « tiens, un guitariste » sans même penser qu’ils passeront tout près de notre meilleure valeur artistique du paysage de la chanson française ? D’autres marcheront droit devant eux sans même y penser. Et pourtant, tu n’y seras pas en anonyme mais avec le bagage de 37 années de poésie somptueuse. Alors, si tu jouais en anonyme dans le métro, tu subirais sans doute le même sort que Joshua Bell…
Peut-être étais-je l’un de ces passants sur un millier lorsque je suis tombé tout à fait par hasard sur une cassette à la fin des années 70. Elle s’appelait « J’attends », datait de 1976 et ne correspondait en rien à ce que j’avais l’habitude d’écouter à cette époque. J’étais plutôt branché « Crusaders », « Earth, Wind and fire », « Cool and the gang », bref absolument rien à voir ! Qui eut cru que j’allais très rapidement l’écouter en boucle et y éprouver tellement de plaisir que depuis, pas la moindre de tes chansons ne m’a échappé. Aujourd’hui mes goûts sont restés éclectiques, j’écoute souvent « Michael Bublé », « Diana Krall », « Sting », « Ray Charles » et bien d’autres, mais quand je m’aventure dans le tout meilleur patrimoine français, je survole « Georges Brassens » ou « Le Forestier » mais toi, je t’écoute toujours régulièrement en boucle. On peut dire que je suis tombé dedans quand j’étais petit.
Le hasard a voulu que nous habitons à dix kilomètres l’un de l’autre et qu’un jour, j’ai absolument désiré provoquer notre rencontre. Depuis ce jour, j’ai la chance de te croiser régulièrement et ce besoin de rencontre était motivé par l’humain que tu représentes à mes yeux, une sorte d’incroyable attirance comme un aimant, quelque chose d’inexplicable. L’ami, le frère, le père qu’on aimerait avoir sans doute. Pas facile de te le dire en face, le contexte ne s’y prêtant pas forcément. C’est chose faite.
Cette découverte fortuite de toi au travers d’une cassette qui trainait dans une voiture fût pour l’enfant adolescent que j’étais un superbe pas accompli qui continue à m’enrichir l’esprit et celui de mes enfants à chaque nouvelle chanson.
Fabrice
Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : on s’éloigne de l’apparence en haillons ; pressons ! on ne lève pas le pont-levis pour échapper au dodo, métro, boulot ; pas le temps !
Or, la beauté est toujours un peu hors du temps… N’oublions jamais ceci : la beauté est indifférente aux classes et aux hiérarchies.
Je reconnais là votre « plaisir de partager » mais aussi votre plaisir de déranger avec une pointe de cocasserie. Par exemple, la chaconne de la 2ème partita de Bach est une intrusion dans ce métro de Washington DC. Pas facile, la musique à 8 heures du matin, un matin froid ; c’est difficile de garder à disposition l’innocence de l’enfant quand on ne pense qu’à l’argent. Autre chose : quand l’ombre de la beauté vient planer, difficile d’avoir l’intelligence et l’humilité de la reconnaître ! On est à des années-lumière de l’enfance. Une question cocasse, vous nous posez : « A côté de combien d’autres choses passons-nous ? » Pas mal, pas mal du tout… Regarder la lune aux trois quarts ronde, regarder les étoiles naître au ciel ; cela suffit, n’est-ce pas ? Léger, léger, on est dans l’émotion ; lourd et balourd, on est dans la performance, dans le pur artifice.
Votre petite histoire de Joshua Bell m’impressionne beaucoup ! C’est bien.
Thierry
La capacité d’émerveillement d’un enfant est immense. C’est vraiment la réaction première à la beauté : l’émotion totalement pure, lorsque rien n’est encore venu l’entraver. Comme il est important de la préserver et de l’aider à grandir…(L’enfant Poète)
D’un autre côté, c’est cornélien, ce dilemme !
L’heure est en effet très inappropriée, mais les oeuvres et le musicien sont de taille (merci de reconnaître les oeuvres de Bach comme « quelques- unes des plus belles partitions jamais composées » C’est aussi mon avis) La majorité des personnes n’a pas réagi, cependant quelques-unes d’entre elles (très peu, il est vrai!) ont écouté. C’est la preuve que pour certains tout de même,la beauté peut concurrencer le tourbillon du quotidien.
Pour poursuivre ce moment de partage, je vous envoie à tous, spécialement à vous Yves et Noëlle, cette petite phrase que nous répète souvent notre professeur d’écritures harmoniques :
« A ton âme qui a soif de beauté, accorde une heure d’harmonie… »
Très amicalement à vous,
Bernadette (de Jean-Pierre)
Génial !
Et on ne peut s’empêcher de penser : quel usager aurais-je été ? Un matin, pas envie de se lever pour aller accomplir un travail qui nous permettra tout juste de vivre, une nuit agitée, l’hiver, le froid !
Est-on accueillant dès le lever jusqu’au coucher ?
Est-on réceptif à tout ? Reconnaît-on le talent n’importe où ? Doit-on se mettre en condition pour pouvoir apprécier ?
Néanmoins il a semé une graine de beauté pour des milliers de gens qui l’auront dans l’oreille même inconsciemment. Personne n’y a échappé !!!
Et un jour … …
Ca m’a fait froid dans le dos cette expérience ! Ne pas prendre le temps de savourer ! Je suis certaine qu’il nous arrive à tous de passer à côté, « tout à côté » de perles rares sans écouter, sans entendre, sans voir. Interpellant !
J’ajouterai qu’il y a bien des années à l’heure des Mike Brant, Johnny, Patrick Juvet et autre Frédéric ou Claude François je ne trouvais pas mon compte. Comme Fabrice je survolais Brassens, Brel, Leforestier et je n’étanchais pas ma soif. J’adorais Alice Dona mais « il me manquait toujours une pierre à ma maison, une heure au fil des jours, un mot dans mes chansons »! Un jour, je suis restée scotchée sur un « Virage » que j’ai élue la plus belle chanson d’amour de tous les temps. Un texte, une ambiance et un film devant mes yeux ! Je ne connaissais pas le chanteur ; un petit jeune qui débutait. J’ai aimé son univers et depuis…
On a tous la même histoire : on ne le quitte pas ! et on en redemande ! Les gens qu’on aime il faut leur dire quand on le peut sans avoir peur. Et comme Fabrice je profite de ce blog ! c’est plus facile.
Bien à vous.
Je n’ai jamais aimé les riches déguisés en pauvres. Ça me fait penser au loups déguisés en agneaux (il y en a beaucoup…). Je ne suis pas riche, je l’avoue, mais j’aime follement la Musique. Malgré ça, probablement, je n’aurais non plus reconnu M. Bell si je l’avais rencontré en jouant son Stradivarius sur le chemin de mon boulot, tout simplement parce qu’il aurait été complètement hors de son domaine. Et parce que j’aurais été en train d’accéder au mien : celui du travail.
Le concept de « beau » se situe dans le royaume du rêve tandis que celui de « boulot » se localise dans le domaine de la réalité. Tout mélange est interdit.
Au contraire, j’aime de tout mon coeur les vrais musiciens de rue, ceux qui vraiment jouent de la guitare « par plaisir ou par désespoir », ceux qui ne prétendent pas d’être reconnus, ceux qui ont choisi d’être soi-mêmes à tout prix, ceux qui ne se moquent pas des autres. Ceux qui ne feront jamais le « sold out » mais qui sont les vrais serveurs de la Musique. Qu’ils soit remerciés.
Cher Yves,
Je ne suis pas du tout étonnée du comportement des adultes(toujours dans l’urgence du manque de temps !) et de celui des enfants(toujours authentiques et sensibles à ce qui est beau !)
Mais j’aurais vraiment aimé savoir ce qu’a ressenti et pensé Joshua Bell face à cette expérience absolument déconcertante pour l’Artiste qu’il est.Il a dû se poser beaucoup de questions !
Bises accompagnées de toute mon amitié.
Annick.
Impressionnant, en effet, et, dans le même registre, mais plus optimiste (meilleur attaché de presse ;o) sans doute)j’ai vu ceci :
Et si on retentait l’expérience en prévenant tous ces gens qu’il y a un concert gratuit de Joshua Bell dans le métro à 7h30 du matin…
Et si on mettait Goldman à la même heure sans prévenir les passants…
Est-ce que ce monde est sérieux???
Une fois, les chanteurs Francesco De Gregori et Claudio Baglioni, qui en Italie ont la même popularité de Jean-Jacques Goldman dans les pays francophones, ont fait la même expérience de Bell… en obtenant le mêmes résultats.
Bonjour Yves, bonjour à tous
Je connaissais cette « anecdote » du musicien dans le métro, mon mari m’en avait déjà parlé. A la relire aujourd’hui, je ressens la même chose que la première fois : une question qui me dérange et me met mal à l’aise. Si j’étais passé devant joshua Bell, je ne l’aurais pas reconnu pour la bonne raison que je ne le connaissais pas… Quant à sa musique,et à sa manière de l’interpréter, j’ai la prétention de penser qu’elle m’aurait interpelé pour sa beauté, et son décalage dans un lieu comme le métro ! Moi aussi j’aime m’arrêter devant des musiciens de rue, parce que j’aime la musique et les musiciens, et par respect pour ces personnes courageuses et qui, la plupart du temps, n’ont que cette manière de faire connaître leur talent. Mais que voulait prouver vraiment Joshua par cette démarche ? Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir fréquenter les salles de concert ou les opéras. Tout simplement pour des raisons financières. Mais ce n’est pas pour cela que nous sommes des êtres « inculturés » et complètement ignares. Malheureusement pour le plus grand nombre d’entre nous, la priorité est d’aller travailler afin de pouvoir vivre le mieux possible. Monsieur Bell voulait-il nous faire culpabiliser? Ou tout simplement faire profiter à la population laborieuse de Washington d’un pur moment de beauté?
Etant fan de Goldman, je pense que je m’arrêterai devant lui si par hasard il jouait dans le métro !
Quant aux enfants, il est clair qu’ils ne pouvaient pas reconnaître le musicien ni la valeur du violon ! C’est la magie de la musique, de l’instrument car eux savent encore s’émerveiller devant le beau. D’où l’importance de garder notre âme d’enfant et de prendre le temps de prendre du plaisir…
Marie
Bonjour YVES, NOELLE, Bonjour MARIE…
Je suis heureuse de voir que vous continuez de venir sur le blog et votre dernière phrase nous montre que vous tenez le coup dans l’immense épreuve qui vous touche, je pense tous les jours a vous MARIE
Oui vous avez raison, gardons notre âme d’enfant mais les enfants d’aujour’hui regardent-ils comme nous le faisions les petites merveilles
qui jalonnent notre journée : un rayon de soleil fugitif, un perce neige qui tente sa chance dans le jardin, un parfum de mimosa qui monte de l’arbre tout proche, un bouton de primevère qui fleurira dans quelques jours… Un jour j’ai écrit à un jeune qui faisait une grosse dépression et je l’incitais à regarder autour de lui au lieu de vouloir que tout change dans sa vie brusquement, mes mots n’ont pas atteint leur but et ont été jugés naîfs, puérils, pourtant si c’était à refaire je crois que je réécrirais la meme lettre.
Au sujet de l’article du Washington Post je le lis et le relis, je lis les commentaires et au fond nous sommes tous à peu près d’accord : l’Artiste, les oeuvres jouées à cet endroit et l’instrument (bien matériel quelque soit son prix) n’étaient pas à leur place. Dans la foule, le bruit, dans le mouvement de la journée de travail comment peut-on ETRE TOUCHE par la musique aussi sublime soit-elle ? J’ajouterais que plus elle est sublime moins elle peut nous toucher à un moment où la vie nous presse…
Pour prier, on nous recommande de faire silence en soi et autour de soi. Cela marche pour moi en tout cas : j’arrive mieux à méditer dans un endroit calme et serein que dans la circulation automobile (où l’on peut prier aussi ne serait-ce que pour se calmer…)
On recommande de ne pas telephoner au volant avec ou sans oreillette car il est prouvé qu’il y a un manque d’attention ! Dans ce cas pour conduire nous avons le choix de stations de radio qui diffusent à longueur de journée de la guimauve et si on veut risquer l’accident branchons nous sur les ondes technos… personnellement je saute sur le poste dès que la musique devient agressive et j’éteins avant de sentir en moi l’envie de crier. La guimauve ou la techno plaisent à d’autres que moi et c’est heureux, du reste je peux très bien faire le ménage avec ce genre de musique mais je ne « l’écoute pas – elle me tient compagnie »
A votre avis qu’écoutent les enfants qui ont très jeunes aujourd’hui les oreillettes des balladeurs dans les oreilles ??? pas de la musique classique et c’est pourquoi ils se sont peut-être arrêté devant l’Artiste, sa Musique et l’Instrument, mais les parents savaient qu’ils ne pouvaient pas « écouter » correctement…. boulot, metro, dodo… comme a écrit quelqu’un et c’est dommage.
La peinture et ses maitres comme VAN GOGH, MATISSE, PICASSO etc doivent être présentés à tous, même sous forme d’affiches mais jamais une affiche ne parlera à quelqu’un comme le tableau lui même, regardé et admiré SEUL face à face, l’affiche permettra de connaitre, de se dire « j’aime, je déteste » mais pas d’apprécier convenablement.
Il en est de même de la MUSIQUE… De grands morceaux classiques sont utilisés dans les films et
même si pendant deux heures on a été bercé par une sonate de piano, qui prend le temps de lire dans le générique de fin le nom du morceau et son compositeur ? Si on écoute dans le silence de son salon un CD particulier qui nous fait envie on « entend » le rythme, les différents instruments, ce qu’a voulu transmettre le compositeur etc (je ne suis pas très mélomane)
Je ne sais pas si je me serais arrêtée en reconnaissant JJ GOLDMAN… sincèrement… je ne sais pas…
Et YVES DUTEIL ? Evidemment en tant que fidèle du blog et des concerts quand je peux y aller dans la région je vais avoir du mal à expliquer qu’après l’avoir vu, salué si j’ai pu le faire, je pense que je ne me serais pas arrêtée longtemps !! Ne vous récriiez pas …. Imaginez entendre « Pour que tu ne meurs pas » « Les dates anniversaire » « MMe SEVILLA » « La Tibétaine » au milieu des klaxons, des cris des passants, des marteaux piqueurs ou autres bruits de la ville…
IMPOSSIBLE je me répète comme pour l’Artiste et son violon. Un jour, dans un commentaire, j’ai dit qu’en conduisant j’avais mis un CD d’YVES et que je m’étais laissée « imprégnée » par les mots, la musique… Résultat je me suis aperçue que je ne regardais plus mon rétroviseur sur autoroute ni le compteur de la voiture. YVES est un poète, un enchanteur de mots : il faut « l’écouter » D’ailleurs dans l’interview de PLATINE il le dit « mes chansons ne sont pas faites pour être écoutées distraitement. Comme disait Brassens « on n’y entre pas comme dans un moulin »cfinterview
Alors, la MUSIQUE, la PEINTURE, la LITTERATURE et la POESIE doivent être proposées à TOUS mais là où elles peuvent toucher le coeur de chacun. C’est là la difficulté car même à l’école, au collège, au lycée il y a peu de profs de dessin, de musique qui arrivent à capter l’attention de toute une classe. Il y a longtemps que je l’ai constaté (pour moi même et j’ai 59 ans et pour mes enfants 31 et 29 ans!!!) Alors maintenant avec la STAR.AC…
Un de vos albums YVES s’appelle « TOUCHE » Pas besoin de violence dans les mots et les paroles vous savez nous PARLER – Avec vous nous faisons des pauses et retrouvons la saveur de nos joies enfouies, de nos souvenirs, nous reprenons confiance enl’avenir, nous nous disons « c’est cela – oui, j’ai éprouvé cela – comment peut-il enchanter ainsi mon souvenir ? » C’est MAGIQUE et OUI nous redevenons ENFANT ravis que vous mettiez en mots et musiques des pans de nos vies, comme un magicien avec une baguette, vous c’est avec du chocolat, stylo, papier, guitare, piano et NOELLE…….. MERCI a vous deux
Ce papier est TRES LONG …merci à ceux qui l’ont lu jusqu’au bout.
AMITIES A TOUS
,
… »qui font de ma maison plus triste quel’automne un jardin d’amours mortes… » Cette chanson de Barbara me vient en lisant certaines lettres nostalgiques ou dramatiques, selon les cas…n’y a t-il pas (et je le sais), dans les épreuves douloureuses, le terreau où viendra fleurir un amour encore plus grand de la Vie et de ses petits bonheurs quotidiens, une autre dimension aux minuscules joies, jusque là ignorées ou mal estimées : marcher, rire, parler, tout ce que l’on doit parfois ré-apprendre???
Bonjour à tous,
Merci Roselyne pour votre pensée envers moi. A chaque fois qu’une personne sur ce blog s’adresse à moi personnellement, je ressens une joie immense, j’ai du mal encore à y croire : je ne suis pas une adepte des blogs, je ne vais que sur celui-ci et cela me fait encore tout drôle de me dire que mes lettres sont lues et intéressent d’autres personnes que moi-même !
Votre longue lettre Roselyne est belle et enrichissante ; cela dit, je pense qu’il n’est jamais négatif d’entendre ou de voir du beau. Mes enfants, depuis leur plus tendre enfance ont entendu et pas forcément écouté aussi bien de la musique classique, que du goldman, du Cabrel… ou du Duteil, ce qui ne les empêche pas d’écouter maintenant ce qu’ils veulent (ils ont 22 et 20 ans bientôt!). Mais ils savent qu’il existe autre chose que de la techtonique ou du rapp. Ils connaissent les plus grands de Aznavour à Julien Clerc, en passant pas Brassens ou Brel et bien sûr Yves dont ils connaissent mon engouement !Il en est de même pour ma fille de 5 ans, qui sait reconnaître les chansons de Yves. Moi même, chez mes parents, j’ai été bercée par de la musique de qualité, je l’entendais sans l’écouter attentivement, mais elle est gravée pour toujours en moi, et je sais la reconnaître.
Bien sûr, je suis d’accord avec vous Roselyne, les chansons d’Yves, comme celles de Brel, que j’admire infiniment
, s’écoutent dans le silence et presque le recueillement, tellement elles nous chavirent, nous bouleversent. Mais quel plaisir aussi de pouvoir les partager avec ses enfants, dans le tumulte du quotidien d’une vie familiale. Les mots font leur petit travail, ils nous touchent, nous pénètrent et rejaillissent un jour, sans que l’on ne fasse rien… Ils nous rappellent un moment de plaisir, de bonheur, ou un moment plus compliqué, mais qu’importe, l’air nous revient intact et reste gravé.
Que l’on soit dans le silence, où dans le tumulte, je pense que nous avons besoin de musique, d’images, de poésie et le miracle c’est quand quelqu’un s’arrête au milieu de tout ça, et l’instant d’une minute oublie où il se trouve. Alors la magie a opéré, l’artiste peut être content, il reçoit en retour.
Ma lettre aussi est un peu longue, mais pour répondre à votre phrase du début, Roselyne, cela ne me demande aucun effort de venir écrire sur ce blog après le tsunami personnel que je viens de vivre : au contraire, ça m’apaise et me fait du bien. J’en ai besoin. Merci Yves de nous permettre de pouvoir le faire, décidément, vous faites vraiment partie de notre vie à tous, c’est ce qui nous lie les uns les autres. Vous nous apportez ça aussi.
A très bientôt le plaisir de vous lire tous.
Amicalement
Marie
Le beau, le bon, le merveilleux, l’émouvant, le touchant, sa capacité à s’émerveiller toujours, le bonheur d’ouvrir son coeur à chaque instant… Qui peut se targuer de ne jamais passer à côté de tout cela, d’avoir toujours les yeux et les oreilles grands ouverts à tout moment ?
Joshua Bell devrait réitérer l’expérience de l’acte gratuit plus souvent. Mais qu’il aille dans les maisons de retraite, les écoles, les parcs, les squats, les hôpitaux, mon salon… Encore faudra-t-il que le moment soit bien choisi, car on ne peut pas être réceptif absolument à tout moment, même si cela est bien regrettable !
Voyez, même notre merveilleux poète-chanteur n’a reçu aucune distinction lors de la cérémonie des Victoires…
Moi, comme tous les ans, je lui offre la Victoire dans la catégorie du-plus-grand-Poète-indémodable-au-talent-et-à -la-générosité-inégalés !!
Bonne semaine à tous et une bise à Noëlle et Yves.
Emma
Le résultat de cette enquête en dit long, effectivement, et peut laisser une certaine amertume.
Cependant, ce qui m’a le plus appelée c’est que l’on puisse imaginer réaliser une telle expérience. Il me semble que c’est là d’abord qu’il faut voir l’avancée de conscience des gens. S’ils n’en sont pas encore à savoir s’arrêter dans leur course effrénée pour savourer un moment de pure beauté, l’humanité est tout de même en train d’en prendre conscience. Qui aurait pensé, il y a 20 ans, à se demander si les gens savaient reconnaître la beauté ? Et de quelle beauté parle-t-on ? On aurait peut-être alors parlé de la beauté artificielle, modelée selon des critères de mode… Mais il s’agit bien ici de beauté subtile, celle qui n’est pas « tape à l’œil » mais parle directement à l’âme.
Je suis intimement persuadée que l’être humain est prêt à faire ce retour sur lui-même et à retrouver son âme d’enfant. Je connais énormément de gens capables de s’arrêter cinq minutes le matin en partant travailler pour s’émerveiller devant un lever de soleil, capables de faire attention à leur comportement quotidien afin de respecter le plus possible notre merveilleuse planète…
Je suis intimement persuadée aussi que devant le fiasco économique, le chômage qui s’enfle incessamment et l’obligation de remettre sa façon de vivre en question, l’homme tend à se rappeler, au fond de lui, que, comme le dit Christian Signol, sa véritable richesse est celle qu’il pourra emporter avec lui quand l’heure sera venue.
Pour moi, cette expérience n’est pas un regard alarmant sur notre société mais une superbe amorce d’une prise de conscience en train de se produire.
Merci à vous, Monsieur Duteil, de nous avoir toujours permis de rester en contact avec notre âme d’enfant.
Véronique.
Je remercie Dieu et la Vie d’avoir plus que jamais (à 46 ans) un coeur d’enfant s’émerveillant devant toutes les beautés des gens, des gestes, des arts, de la nature, de la vie quoi!!
Pas étonnant que j’aime tant Yves Duteil