Chère Ingrid Bétancourt…
Le 13 février 2008 par Yves Duteil
Les 21 et 22 Février prochains, (à 14h30) je chante à Lille au Théâtre Sébastopol où nous avons déjà partagé tant d’émotions… Le concert du 22 sera dédié à Ingrid Bétancourt, dans le cadre d’une opération “100 concerts pour Ingrid” à l’initiative de Pierre Martial et du collectif “100 artistes et écrivains pour Ingrid Bétancourt” dont je fais partie aux côtés de Renaud et de bien d’autres. (www.sos-betancourt.com) Loin de toute idée de collecte, il s’agit simplement de manifester notre soutien à la cause des otages colombiens, et à travers eux, de tous les otages retenus malgré eux pour des raisons politiques, idéologiques ou autres… Ma dernière chronique parue dans “Panorama” ( Février 2008), est une lettre à Ingrid :
Chère Ingrid,
Votre lettre du bout du monde, écrite au plus profond de la jungle, est bouleversante. Je vous tutoyais par affection dans mes pensées, je vous vouvoie à présent, comme une marque de respect envers une résistante, une âme rebelle. Ces lignes écrites en captivité, révèlent un esprit libre. Vos entraves physiques, l’isolement et l’inaction n’ont rien émoussé de votre détermination, votre lucidité est toujours intacte, votre générosité en éveil. Cinq années de silence viennent de se combler d’un débordement d’émotion où se lisent en filigrane le courage, la tendresse, une volonté farouche de survivre et d’aimer. Ce « gaspillage lugubre de temps inutile » aiguise sans doute encore davantage votre envie d’agir. Dans ses mémoires, Alfred Dreyfus écrivait que ce qui l’avait maintenu en vie à l’île du Diable, où il est resté prisonnier cinq ans, c’était « l’intangible souveraineté de l’âme ». Votre conscience n’a rien perdu de sa grâce, votre amour s’est concentré, vital, comme un soleil au bout du tunnel. Pour Mélanie, Lorenzo et tous les vôtres, le sentier est étroit, mais il existe. Et votre cœur bat si fort, si près et si loin. Votre lettre prend une dimension universelle pour chacun de nous. Elle est la preuve que la force de la pensée peut nourrir l’espérance, et fait de votre prison un symbole de liberté. Le cœur en vigilance, vous ne désirez rien, mais vous rêvez tout. L’espoir ne vous a pas quittée, sa lumière est sous vos paupières, votre calvaire est peuplé de chansons d’anniversaire, votre inaction forcée est bercée de curiosité, votre seul luxe est de vivre. Dans cette lutte inégale, votre faiblesse nourrit notre détermination à vous ouvrir la route. Cette forêt de contradictions et de malheur met la noblesse des sentiments au-dessus de l’aveuglement, de la violence. Dans cette logique de guerre qui parvient à vous emprisonner au nom de la liberté, à semer la mort au nom de la paix, à vous faire taire au nom de la démocratie, à vous asservir au nom de l’égalité, votre fragilité est la lueur de notre espérance en l’Homme, en la fin de ses errances barbares, de son orgueil dévastateur. Émue aux larmes par vos lignes, votre armée pacifique autour du monde, près de vos enfants courageux et admirables, prépare la haie d’honneur pour accompagner votre retour. Vous avez exposé votre liberté pour défendre la nôtre, risqué votre vie pour bâtir un monde plus juste. Votre voix silencieuse, venue du fond de la jungle humaine, a porté plus loin que jamais.









C’est une merveille !
Si les programmateurs radio ne diffusent pas cette perle, ils peuvent changer de métier et se reconvertir dans l’épicerie !
Comme d’habitude,l’orfèvre de la langue que vous êtes a su créer un album comme un collier de perles rares (perles de grande culture naturellement).
Vivement jeudi à Lille que l’on puisse en savoir un peu plus encore ….
Catherine et Philippe du Nord …
Cher Yves,
Les mots pour panser d’autres maux…
Vous lire, c’est une fois de plus mesurer la force de notre langue…le pouvoir de l’écriture, pour ne pas oublier… pour que le devoir de mémoire devienne un devoir de vie… pour Ingrid, sa famille, ses compagnons et pour tous les autres si loins et si proches de nous.
Merci de contribuer à éveiller un peu plus nos consciences…
Merci pour tous vos mots sur nos maux…
Merci….
Nanou et son p’tit bonhomme de 9 mois déjà très attentif à vos chansons…
Une chanson..une prière..un souhait
qu’elle soit libre bientôt
..penser à elle à tous les autres otages
Dorianne
Votre lettre à INGRID est en effet une merveille, une guirlande de mots à enfiler sur le fil d’une vie retenue en OTAGE !!! on nous dit qu’INGRID s’informe de la mobilisation qui s’est formée pour sa libération et votre texte, sans cris ni révolte inutile, ne peut que l’aider à tenir, tenir encore….. vos mots chargés d’admiration et de regrets pour tous ces jours, toutes ces heures passées à attendre sans pouvoir agir peuvent l’aider à survivre comme vous le dites par la PENSEE et l’ESPERANCE ces richesses qu’aucun bourreau au monde ne pourra jamais enlever à l’homme LIBRE. Merci Monsieur DUTEIL pour elle et TOUS LES OTAGES, retenus dans le monde pour les empêcher de développer leur amour de la LIBERTE synonyme de Démocratie !
Un petit mot pour vous féliciter d’avoir utilisé le vouvoiement en signe de respect - de nos jours le tutoiement devient trop familier et en dehors de la famille et des proches relations amicales il prend trop de place entre les gens qui parfois ne se connaissent même pas et de plus si tous les hommes sont égaux, il faut garder la distance respectueuse envers ceux ou celles que nous admirons.
Roselyne -TOULON
bonsoir moi c’est vin-k une jeune rappeur
et cette histoire me touche prticulierement
alor j’ai ecrit un texte pour sont soutien
et interpreter si jms vous shouaiter l’ecouter
aller sur www.tototeur.skyrock.com je veut vrement
me rendre utile a ce combat
On crie dans la forêt,
Les arbres sont blasés,
Et de toute façon,
Ils sont enracinés.
Que pourraient-ils bien faire,
Qu’absorber dans leur sève,
Le sang collé des hommes,
Qui coule lentement,
De leurs coeurs lacérés?
On crie dans la forêt,
Mais on étouffe aussi,
Tant de malheur,
Peut-on en réchapper ?
Le vert de l’espérance,
Une belle foutaise,
Quand on perd,goutte à goutte
Le goût de liberté,
Quant à l’humain
On ne ressemble plus,
Que l’ombre de soi-même,
On ne la connait plus.
Mais celui qui pourrait la sauver,
Ou qui aura pour toujours la salissure infâme,
Collée sur son costard,
En guise de médaille,
Il faut qu’il se décide,
Il faut trouver la faille,
Il faut aller là -bas,
Dans la boue, dans l’effroi.
Aller la rechercher,
La sauver pour les autres,
Ceux qui y sont restés,
La sauver du suicide,
Et tous, si on le veut,
ON PEUT SAUVER INGRID.